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Flexibilité proprioceptive chez des athlètes ayant subi une reconstruction du ligament croisé antérieur

Publié dans Kinésithérapie, la revue en mars 2025 (français)

Introduction : À la suite d’une reconstruction du ligament croisé antérieur (RLCA), le taux de récidive s’élève à près de 20 % [1] et des déficits de contrôle postural [2] ainsi que des déficits centraux d’intégration sensorielle peuvent être observés [3]. Une diminution de la flexibilité proprioceptive chez des sujets sains est associée à des facteurs de risque de rupture du LCA [4]. L’objectif de cette étude était de comparer la flexibilité proprioceptive entre des patients ayant subi une RLCA et des sujets sains.

Matériel et méthodes : Vingt-trois sujets sains (8 femmes et 15 hommes, 28,2 ± 5,3 ans) et 52 patients RLCA (17 femmes et 35 hommes, 23,2 ± 4,9 ans, RLCA dans les 12 derniers mois), tous sportifs élites ont été inclus. La flexibilité proprioceptive était caractérisée par l’analyse de la pondération proprioceptive (eRPW) en appréciant le déplacement du centre de pression (CoP) généré par la vibration tendineuse lors de tâches d’équilibration sur un sol aléatoirement stable et instable [4]. Un eRPW < 95 % indiquait que les individus étaient flexibles et capables de repondérer les signaux de la cheville en faveur des signaux lombaires lors du changement de sol, tandis qu’un eRPW > 105 % indiquait que les athlètes maintenaient une stratégie rigide, centrée sur la cheville [4]. La vitesse du CoP (vCoP) et l’aire de l’ellipse du CoP (AE) caractérisaient la stabilité posturale. Des tests t indépendants de Student et un test de Chi2 ont été utilisés pour comparer l’eRPW, la vCoP, l’AE du CoP et la proportion d’individus flexible et rigides entre les groupes.

Résultats : L’eRPW était supérieure dans le groupe RLCA (100,9 ± 58,8 vs 68,6 ± 26,6 % ; p = 0,031), traduisant une flexibilité proprioceptive plus faible. Le groupe RLCA présentait une AE plus grande sur sol instable (8,0 ± 4,6 vs 6,3 ± 4,4 cm2 ; p = 0,019) exprimant une stabilité posturale dégradée. La proportion de sujets rigides était plus importante dans le groupe RLCA (38,5 vs 4,4 % ; p = 0,010).

Discussion / Conclusion : Les patients RLCA démontrent une flexibilité proprioceptive et une stabilité posturale sur sol instable dégradées, traduisant une incapacité d’adaptation de stratégie proprioceptive posturale sur sol instable. La rééducation doit s’attacher à identifier et cibler ces déficits puisqu’ils sont aujourd’hui considérés comme de potentiels facteurs de risque de récidives [4][5]. De nouvelles études sont nécessaires pour déterminer si ces déficits sont consécutifs à l’opération ou s’ils étaient présents avant la blessure.
Source : Benoît Attalin, Telma Sagnard, Eric Laboute, Olivier Remy-Neris, Nicolas Forestier, Brice Picot, Flexibilité proprioceptive chez des athlètes ayant subi une reconstruction du ligament croisé antérieur, Kinésithérapie, la Revue, Volume 25, Issue 279, 2025, Page 82, ISSN 1779-0123, https://doi.org/10.1016/j.kine.2025.01.010