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L'évolution de la prise en compte de l'impact écologiques des JO d'été par leurs organisateurs lors de sa mise en place des années 1976 à 2024.

Primos contributeurs : Gauthier Melh, Camille Vadecard, Maëva Bonnin, Elisa Gault

 

Introduction :

 

[GM] Les Jeux Olympiques sont souvent célébrés comme un symbole mondial de compétition sportive. Depuis leur création, ils n’ont cessé d’évoluer pour devenir l'un des événements sportifs les plus prestigieux au monde, attirant des millions de spectateurs et impliquant d'énormes investissements dans l'infrastructure, la logistique et la promotion. Cependant, l’un des revers de la médaille s’observe par de profondes répercussions sur le plan environnemental : allant de la déforestation pour la construction d'installations sportives à l'augmentation de la pollution atmosphérique due aux déplacements massifs de spectateurs et d'athlètes. D’une olympiade à l’autre, cet évènement planétaire a toujours eu des impacts écologiques instables et variant en fonction de plusieurs facteurs tels que l'emplacement, les technologies utilisées, les pratiques de construction et les efforts de durabilité. Malgré tout, force est de constater une progression dans l’impact écologique de ces dernières éditions, accompagnée par une prise de conscience environnementale plus importante, et une augmentation des attentes en matière de respect de l’environnement. Dès le début des années 70, plusieurs voix se sont en effet élevées pour dénoncer l'impact environnemental des JO.

Ainsi, cet article fera d’abord présentation des différentes étapes d’évolution de la prise en charge des aspects environnementaux dans l’organisation des Jeux Olympiques. Pour cela, les initiatives pionnières, les obstacles rencontrés et les progrès réalisés seront mis en lumière. Ensuite, l’évolution de la prise en compte des impacts écologiques des JO d’été par leurs organisateurs de 1976 à 2024 sera abordée.

 

Tout d’abord parlons des JO de 1976 :

 

[MB] "Un Revirement Historique : Les Jeux Olympiques d'Hiver de 1976 Passent de Denver à Innsbruck                                                                                                                               Initialement prévus pour se dérouler dans la ville dynamique de Denver, aux États-Unis, les XIIes Jeux Olympiques d'Hiver ont finalement changé de cap pour s'installer à Innsbruck, Autriche. Ce bouleversement majeur est survenu suite à une vive opposition de la population du Colorado, motivée par des inquiétudes tant économiques qu’écologiques.                          Les débats ont été animés, mais une préoccupation majeure a émergé : les conséquences environnementales redoutées de la construction des infrastructures sportives au cœur des majestueuses Montagnes Rocheuses. Les voix des écologistes se sont élevées, soulignant l'impact potentiellement dévastateur sur ces écosystèmes fragiles.                                          Face à ces préoccupations et à l'opposition grandissante, Denver a finalement renoncé à son rôle d'hôte des Jeux Olympiques d'Hiver. C'est ainsi qu'Innsbruck a été appelée à la rescousse, offrant ses magnifiques paysages alpins comme toile de fond pour cette compétition de renommée mondiale.  Cependant un problème majeur d’un point de vue environnemental surgit alors : comme en 1964, la neige manque avant les Jeux. Les organisateurs transportent 1 000 camions de neige depuis le col du Brenner. Ces déplacements eurent sans nul doute des conséquences néfastes sur l'écologie.                                                                                         Ce changement soudain a marqué un tournant dans l'histoire des Jeux Olympiques, mettant en lumière l'importance croissante de la durabilité et de la conscience écologique dans le monde du sport de haut niveau. Une décision qui a profondément influencé la manière dont les futures villes hôtes envisageraient la réalisation de cet événement prestigieux. Les Jeux olympiques d'hiver de 1976, officiellement connus comme les XIIèmes Jeux olympiques d'hiver, ont lieu à Innsbruck en Autriche du 4 au 15 février 1976. La compétition avait d'abord été attribuée à la ville américaine de Denver, mais la population du Colorado s'est opposée au comité d'organisation pour des raisons économiques et écologiques. 

Par ailleurs, les écologistes estiment que la construction des sites sportifs aurait un impact environnemental trop important dans les Montagnes Rocheuses.  Denver a donc refusé d’accueillir ces Jeux.   

 

[MB] C’est finalement l’Autriche qui organise ces jeux. Cependant un problème colossal majeur d’un point de vue environnemental surgit alors : comme en 1964, la neige manque avant les Jeux. Les organisateurs transportent 1 000 camions de neige depuis le col du Brenner. Ces  vous l’aurez compris, eurent sans nul doute des conséquences néfastes sur l'écologie. 

 

4 ans plus tard, eurent lieu les JO de Lake Placid en 1980 :

 

[MB] Le village de Lake Placid fut très attentif à son cadre naturel et rappela aux nouveaux venus qu'ils devaient respecter l'environnement, un facteur clé de la croissance durable de la région. 

[MB] Le village de Lake Placid est situé dans le parc Adirondack, une zone de près de 2 428 114 hectares de paysages sauvages qui couvre un tiers de la superficie de l'État de New York. Environ 38 % du parc est une réserve forestière et la charte du parc a la particularité de stipuler qu'il doit rester "à jamais sauvage".

[MB] La volonté de Lake Placid de protéger son environnement naturel remonte à de nombreuses années. L'étude sur l'impact environnemental réalisée pour les Jeux Olympiques d'hiver de 1980 exigeait que le comité d'organisation minimise tout impact négatif sur l'environnement, veille à ce que les projets de constructions permanentes répondent aux besoins futurs de la région et évite la construction de nouvelles autoroutes importantes.  Parmi les autres améliorations apportées aux sites construits à l'origine pour les Jeux de 1932 à Lake Placid, les extensions des tremplins de saut à ski devaient être conformes aux normes de l'Agence de protection du parc Adirondack et de l'Agence fédérale de l'environnement.

 

[EG] Continuons toujours 10 ans plus tard :  Barcelone 1992 : Le projet de l’organisation des JO de Barcelone s’est construit à partir d’un plan de développement urbain. L’objectif a été de ne pas centraliser toutes les infrastructures mais de les répartir dans toute la ville afin de les transformer en infrastructures nécessaires dans les zones concernées. Toutes les constructions sont donc devenues, à la suite des JO, des bâtiments à utilité commune. De plus, la construction de rocades a permis de réduire de 15% le trafic dans le centre de Barcelone et d’aménager des tronçons de route pour les piétons et cyclistes.

 

[EG] Les prochains Jeux ayant marqué un tournant dans la prise en compte des enjeux écologiques sont les JO de Sydney en 2000 : ils ont été les premiers à en faire le fil conducteur de leur projet de candidature. L’organisation a vu une opportunité de modifier les dégradations environnementales en Australie et de montrer la faisabilité de solutions Parmi les nombreuses réussites de Sydney, on peut certainement citer le village olympique éco-durable, la mise en place d'un système de transport public, d'un système de gestion de l'eau et d'une usine de recyclage. Il faut alors souligner que l’initiative prise par les organisateurs a servi d’exemple pour les JO suivants, qui ont placé les enjeux écologiques de la même façon, au cœur de leur projet.

[EG] Les JO de Pékin en 2008 ont réussi à faire parler d’eux de manière positive : En effet, Un budget important de 17 milliards de dollars a été investi dans les transports publics, les énergies renouvelables et autres projets environnementaux lors des jeux de Pékin, ce qui souligne le fort intérêt qu’à qu’a montré cette ville pour les enjeux écologiques lors de l’organisation de ces jeux. Selon le rapport officiel des JO d’été de Beijing (Pékin) 2008, la qualité de l’air s’est beaucoup améliorée, avec 274 de jours de ciel bleu en 2008 contre 180 en 2000, plus de 20% de l’électricité utilisée pour les Jeux est provenue d’énergies renouvelables ou vertes, Beijing est passée directement aux normes Euro IV pour les émissions de véhicules, juste à temps pour les Jeux. La ville a aussi construit 720 parcs et espaces verts, soit 8.800 hectares. Les autorités chinoises ont aussi réussi à totalement éliminer les hydrochlorofluorocarbones (HCFC), un gaz qui endommage la couche d’ozone, bien avant la date butoir de 2030. Cependant, bien que le rapport reconnaisse l'investissement et les accomplissements significatifs des organisateurs des jeux olympiques de 2008, il remarque néanmoins quelques points négatifs persistants et des occasions manquées qui peuvent encore être rectifiées.

 

[EG] En continuant sur des impacts écologiques progressistes et positifs, nous pouvons parler des JO de Londres en 2012. L’une des réalisations les plus visibles de Londres 2012 est la création du Parc olympique sur une friche industrielle contaminée devenue l’espace vert urbain le plus vaste d’Europe depuis 150 ans. Les sites olympiques eux-mêmes ont fait preuve d’un respect impressionnant du développement durable.

[EG] Les Jeux Olympiques à Londres ont également été les premiers à mesurer les empreintes carbones de l’ensemble du projet et aussi les premiers à s’engager, et à parvenir avec succès, au zéro déchet en décharge grâce à la Vision stratégique de Jeux sans déchet.

 

[CV] C’est en 2016, pour les JO de RIO que ce leit motiv de jeux durables perdit sa place :

 

[CV] Stades pillés, piscines olympiques vides, parcours de golfs abandonnés… Voilà le spectacle que nous offrent aujourd’hui les infrastructures des Jeux Olympiques de Rio (2016), un spectacle bien éloigné des images festives vues à la télévision par quelques 2 milliards de téléspectateurs.  

 

[CV] À peine une année s’est écoulée depuis la fin de cet événement sportif majeur et le constat environnemental chiffré par le CIO (Comité International Olympique) est effrayant : 8 millions de mètres cubes d’eau utilisés, 17 000 tonnes de déchets, et 3,6 tonnes de CO2… Le coût environnemental dépasse de loin le chèque colossal de 16,5 milliards de dollars qu’a coûté l’organisation des Jeux Olympiques.

 

[CV] Alors que la ville de Rio avait promis au CIO d’agir dans le respect de l’environnement et en faveur d’une durabilité des équipements, le bilan est aujourd’hui inquiétant.

 

[CV] Par exemple, le golf construit pour les Jeux a été construit sur une zone naturelle protégée. Les espèces vivant sur ce terrain ont été délogées et cela représente pour elles une grande menace. Le golf est aujourd’hui abandonné, faute de fonctionnaires pour l’entretenir.

 

[CV] Une ville envahie par les éléphants blancs : Sans moyens pour les entretenir, ni perspective de reconversion, les infrastructures construites spécialement pour l’événement sont laissées à l’abandon devenant ainsi des « éléphants blancs », ces bâtiments prestigieux désertés par les habitants, et dont l’entretien coûte trop cher. Ces éléphants blancs représentent un désastre écologique, autant en termes de gâchis de ressources, qu’en termes de pollution. 

 

[CV] C’est le cas du stade Maracaña, temple du football brésilien rénové pour le mondial du football en 2014, qui a accueilli 78 000 spectateurs venus assister aux cérémonies d’ouverture et de clôture des Jeux. Le coût de près de 420 millions d’euros pour sa rénovation paraît un an après totalement aberrant. Aujourd’hui, ce stade vide est sujet à des pillages en tout genre, des sièges de tribune aux lavabos. Même spectacle au centre aquatique olympique… Bien qu’ayant promis de le démonter pour en faire plusieurs piscines municipales, la piscine olympique tombe en décrépitude et les images de son bassin vide nous laissent croire que le lieu restera à l’abandon.

 

Conclusion :

 

[GM]

Au fil des années, les organisateurs ont adopté des mesures de plus en plus ambitieuses pour minimiser l'empreinte écologique des Jeux, allant de la gestion des déchets à la réduction des émissions de gaz à effet de serre, en passant par la protection des écosystèmes locaux et la réutilisation des infrastructures construites. Ces initiatives ont souvent été accompagnées d'efforts visant à sensibiliser les spectateurs, les athlètes et les partenaires aux enjeux environnementaux, contribuant ainsi à une prise de conscience collective.

Par un focus sur les Jeux de Paris 2024, l'attention se concentre sur la manière dont cet événement emblématique peut servir de catalyseur pour des actions encore plus audacieuses en matière de durabilité. Paris 2024 s'est engagé à organiser des Jeux à la fois spectaculaires et respectueux de l'environnement, avec des objectifs ambitieux en matière de neutralité carbone, d'utilisation responsable des ressources et de préservation de la biodiversité.

  En tant que l'une des plus grandes manifestations sportives au monde, les Jeux Olympiques d'été offrent une plateforme sans pareille pour promouvoir les pratiques durables et inspirer le changement à l'échelle mondiale. Paris 2024 représente ainsi une opportunité unique de placer la durabilité au cœur du mouvement olympique et de laisser un héritage positif pour les générations futures. En continuant sur cette voie, les Jeux Olympiques d'été peuvent non seulement célébrer l'excellence sportive, mais aussi devenir un symbole de notre engagement collectif envers un avenir plus vert et plus durable.