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Modèle de performance

 

Primo contributeur Thierry BLANCON 2023

 

Définition 

Le modèle de performance trouve un sens que si l’on définit, en amont, la logique interne. Dans les années 70, Pierre PARLEBAS fut le premier à évoquer le concept de logique interne sous les termes suivants : " Système des traits pertinents d'une situation motrice et des conséquences qu'il entraîne dans l'accomplissement de l'action motrice correspondante". Ce qui revient à décrire en quelques phrases simples la tâche à accomplir pour une pratique donnée. Chaque entraîneur a une vision de sa discipline. Ce qui justifie que, pour une spécialité donnée, existent plusieurs propositions de logique interne. 

D’une logique interne réfléchie découle un modèle de performance. Il s’inscrit dans un contexte général d’analyse de la pratique. Le modèle de performance dresse un panorama des ressources à développer pour performer dans une discipline. Ces différentes ressources doivent faire l'objet d'un questionnement préalable afin de circonscrire les besoins de la discipline, ou de l'épreuve. Le modèle de performance étant de nature systémique, il doit faire apparaître aussi les interrelations qui existent entre les différentes ressources recensées. 

Et c’est parce que le modèle de performance est clairement établi que l’entraîneur peut ensuite décliner un modèle d’entraînement. 

Comprendre 

De manière imagée, le modèle de performance pourrait apparaître comme une liste dingrédients nécessaires à la mise en œuvre d'une recette de cuisine... Mais plus que cela, il montre aussi les interactions positives entre ces différents ingrédients. Toujours dans la comparaison, si l’on montre que pour une tarte tatin, le mélange des pommes et du caramel est idéal, on peut expliquer que pour développer la puissance, il est nécessaire d’associer la force à la vitesse. Pointer ces interactions est primordial. Ainsi, c'est une somme d'informations qu'il faut recueillir avant de se lancer dans la construction d’un programme d’entraînement. Souvent, ces ressources et ces interactions se concentrent autour de six thématiques que sont la force, la vitesse, l’endurance, l’adresse, l’équilibre et la souplesse (Cf. Annexe). Ce n’est pas exhaustif. 

 

Il est intéressant de constater que les entraîneurs “experts”, sans se concerter, pour une même discipline, se rejoignent sur la teneur de leurs modèles de performance respectifs, cela à raison de trois quarts de conception. 

Notes et références 

Références 

Pour Thierry BLANCON, entraîneur de saut en hauteur, la logique interne de sa spécialité est de : “S’imposer dans le classement d’une épreuve qui consiste à franchir, en prenant appel à un pied, à la suite d’une course d’élan, une barre posée sur deux taquets supportés par des poteaux. Celui qui saute le plus haut, dans les limites fixées par un règlement spécifique, au saut en hauteur, remporte l’épreuve.” 

Voir aussi 

Bibliographie 


  • AUBERT (Frédéric). La motricité athlétique. Approche transversale à l’usage des sports terrestres. Editions EPS, 2019. 

  • AUBERT, Frédéric & BLANCON, Thierry. Préparation physique (page 35 à 40). “De l’école aux associations”. Editions Revue EPS, 2014. 

  • BLANCON (Thierry). De l’explosivité à la pliométrie. Editions INSEP, 2023. 

  • ROUX (Patrick). JUDO. Entraînement cognitif & analyse de l’activité. Editions 4 TRAINER, 2021. 


Exemples et données connexes 


  • Colette BESSON fut championne olympique du 400 mètres au Jeux Olympiques de MEXICO, en 1968. Dans les années 60, toute l’approche stratégique de cette épreuve se traduisait par des tâtonnements pour trouver l’idéal dosage entre vitesse de course et gestion de la fatigue... Yves DURAND-SAINT-OMER, l’entraîneur de Colette BESSON, considérait cette épreuve comme un sprint prolongé. Il s’agissait donc de se lancer à très grande vitesse dès les premiers deux-cents mètres et, ensuite, de résister au mieux à une fatigue musculaire extrême due à la présence de lactates dans l’organisme. Dans le modèle de performance, le développement de la filière anaérobie lactique de la resynthèse de l’ATP a soudain occupé une place de choix. Avec pour support un socle autour de la filière anaérobie alactique et aérobie, les “séances lactiques” autorisaient le coureur de 400 mètres à terminer sa course sur des allures très rapides ! D’un point de vue physiologique, le modèle de performance avait changé tant par les filières de resynthèse de l’ATP que par les interactions à mettre en place entre ces filières. 



  • Le modèle de performance au-delà de sa définition initiale trouve des ramifications dans une réflexion plus large sur le mécanisme de construction de la performance. Une modélisation de Thierry BLANCON réalisée en 2020 montre qu’avant tout, la performance relève d’une motivation profonde (Cf. Annexe) ! Cette motivation dans sa véritable teneur est souvent peu, ou pas, verbalisée. Pour être précis, elle peut être consciente ou inconsciente. Dans tous les cas, elle constitue cette petite flamme intérieure qu’il faudra transformer en feu de cheminée, puis en feu de forêt pour accéder au très haut niveau. Si le sportif dispose, tant par l’inné que par l’acquis, des talents requis pour la discipline concernée, la porte vers la performance s’entrouvre. Dès lors, une ressource technique et/ou technicotactique sans faille doit être mise en place. La technique est l’outil qui permet au sportif d’exprimer ses talents. Lesquels seront encore optimisés par un développement des ressources physiques et psychologiques. Dans ce continuum, la prévention des blessures prend de plus en plus d’importance dans l’entraînement quotidien tant la charge de travail et l’hyper spécificité sont contraignantes. 

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