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Le Small Talk

Le small talk ou l'art de créer une conversation légère.

Primo-contributeurs : Oumayma BEL-AHBIB, Ethan BÉNARD, Arnaud CHARENTUS, Tifenn CHIQUET, Baptiste CRUCÉ, Dorian LE MOAN

 

Le Small Talk désigne à la fois une discussion courte et informelle avec des collègues, des amis ou des étrangers. Il permet de communiquer avec les autres en engageant la conversation sur un sujet léger qui sert souvent de moyen pour établir des connexions sociales pour établir des connexions sociales. 

 C’est une initiation pour démarrer un échange, communiquer avec l’interlocuteur, discuter avec des inconnus puis nouer des liens avec eux. S’il est utilisé correctement, c’est un moyen efficace pour briser la glace, afin d’établir des relations et instaurer la confiance.  

Description

Le Small Talk est l'action de faire la conversation, la causette, l’échange d’opinions, et de papoter. Autrement dit c’est le fait de démarrer une discussion qui ne vous implique pas trop sur le plan personnel, et ne risque pas de créer un débat. 

Il peut couvrir divers sujets ; y compris la météo, les voyages, les loisirs, etcLe Small talk vous aide et vous permet d’engager facilement le dialogue, ainsi de le rendre sympathique avec n’importe qui dans des situations sociales. Telles que ; les rencontres amicales, professionnelles, familiales et aussi les rencontres professionnelles. 

 Cependant, parfois le Small Talk a une signification négative ; plusieurs personnes le considèrent comme superficiel, car il permet plus de recevoir   l’attention reçue, et donc rendre le dialogue sans aucun intérêt. 

 En somme, bien qu’il existe de nombreuses opinions, tant positives que négatives. Il faut toujours passer des conversations légères, voire inutiles, pour apprendre à comprendre quelqu’un et pouvoir par la suite établir des liens plus profonds. 

But

Le Small Talk revêt une importance significative dans de nombreux aspects de la vie sociale. Voici quelques points clés mettant en avant son utilité et ses objectifs : 

  • Créer un environnement positif : il est souvent utilisé pour instaurer une atmosphère détendue et conviviale, que ce soit lors de réunions professionnelles ou d'événements sociaux. En lançant des conversations légères et amicales, on crée un cadre propice à la collaboration et à l'échange d'idées. 

  • Établir des relations : c’est un outil précieux pour initier et entretenir des relations personnelles et professionnelles. En engageant des discussions informelles sur des sujets neutres, on peut tisser des liens avec ses collègues, ses clients ou son voisinage. 

  • Favoriser la communication : en brisant la glace grâce au Small Talk, on facilite la communication et la collaboration entre les membres d'une équipe. Cela permet d'améliorer la compréhension mutuelle et de renforcer les liens interpersonnels, ce qui est essentiel pour une bonne dynamique de groupe. 

  • Accroître la productivité au travail : bien que le Small Talk puisse sembler être une perte de temps, il contribue en réalité à améliorer la productivité au travail (3). En créant un environnement où les gens se sentent à l'aise de communiquer et d'échanger des idées, on favorise l'innovation et la résolution de problèmes. 

  • Démontrer de l'intérêt : engager le Small Talk montre à vos interlocuteurs que vous vous souciez d'eux en tant que personnes, pas seulement en tant que collègues ou partenaires commerciaux. Cela peut renforcer les relations et favoriser la confiance mutuelle. 

En résumé, le Small Talk ne se limite pas à de simples échanges de banalités, mais il joue un rôle crucial dans la création d'un environnement positif et productif, que ce soit au travail ou dans d'autres contextes sociaux. En comprenant ses objectifs et en l'utilisant de manière appropriée, on peut renforcer les liens interpersonnels et favoriser la réussite collective. 

 

Tenir un « Small Talk »

Le Small Talk, comme évoqué précédemment est une discussion, une conversation informelle. Certaines personnes sont particulièrement à l’aise pour tenir des conversations de la sorte. Pour ces personnes-là, c’est une compétence innée, intériorisée et qu’ils n’ont parfois même pas conscientisée. Pour d’autres, le Small Talk relève du véritable défi. Pourtant, comme toute compétence, avec une méthode et de l’entraînement, il est possible de développer sa capacité à tenir un Small Talk. 

Pour développer cette compétence, il faut procéder en deux étapes. Dans un premier temps, il est nécessaire de s’interroger sur son état d’esprit vis-à-vis du Small Talk (1). Dans un second temps, il faut maîtriser les moments clés de la conversation (2). 

1. Préjugés et appréhensions face au Small Talk 

Alison Wood Brook, professeur agrégée en psychologie comportementale, le mentionne « les gens redoutent vraiment les bavardages [Small Talk] et ont du mal à trouver comment les gérer » (Haupt, 2023). 

Effectivement, ce peut être une appréhension très courante dans le milieu professionnel. Pour bon nombre d’actifs, il ne faut parler que de travail lorsqu’on est au travail. Pourtant, Brooks insiste là-dessus, « c’est un rituel social auquel il faut s’adonner, surtout avec des inconnus ou des personnes que l’on ne connaît pas très bien ». Car cela permet de créer des liens, mais aussi d’entretenir ces liens et son image.  

Ainsi, la première chose à faire est donc de déconstruire les préjugés négatifs que l’on peut avoir pour le Small Talk, accepter ces conversations quand elles se présentent à nous, voir même : les provoquer. 

2. Comprendre les clés du Small Talk 

Les Small Talk, comme bon nombre de conversations peuvent se segmenter en trois parties distinctes. L’entrée (a), la conversation (b) et la sortie (c). Il n’existe pas de règle universelle, chaque conversation est unique. Néanmoins, il existe certaines « règles » tacites de base qui peuvent aider n’importe qui à tenir un Small Talk, du début à la fin. 

a. Initier un Small Talk 

Il n’est pas nécessaire de commencer un Small Talk par une approche alambiquée. Parfois, les approches les plus simples sont les meilleures. Ainsi, il est recommandé de commencer par un simple « Bonjour » ou « Salut » Cela permet à la personne de vous identifier. 

Ensuite, Debra Fine, autrice du livre The Fine Art of Small Talk, montre qu’il est important d’utiliser les informations gratuites qui sont à notre disposition. Ces informations gratuites, ce sont tout simplement l’environnement commun dans lequel vous êtes avec ladite personne, ou d’éventuels points communs que vous pouvez relever. En d’autres termes, ces informations sont évidentes, et ne requièrent aucune recherche pour être acquises. 

b. Entretenir le Small Talk 

Comme pour tout autre forme de discussion, un Small Talk c’est avant tout un échange. Ainsi, nourrir un Small Talk, c’est nourrir un échange. Pour ce faire, il suffit d’être attentif aux questions qui émergent pendant la discussion. À la manière dont vous y répondez, mais aussi à la manière dont vous les posez. 

Les questions ouvertes sont à privilégier. Des questions ouvertes sont des questions qui ne se répondent pas que par « oui », ou par « non ». Ce sont des questions qui permettent à l’interrogé de développer sa réponse. Par exemple, des questions telles que « Comment s’est passé ton week-end ? », ou alors « Que penses-tu de cette réunion ? » sont des questions ouvertes. A contrario, des questions telles que « Tu as passé un bon week-end ? » ou « Tu as apprécié cette réunion ? », sont des questions fermées.  

Il est également nécessaire de nourrir les réponses que vous apportez aux questions que l’on vous pose. L’objectif étant de donner suffisamment de matière à votre interlocuteur, pour que celui-ci puisse rebondir. Attention, il ne faut pas non plus monopoliser l’attention ou ne parler que de soi ; au risque d’ennuyer celui ou celle à qui vous vous adressez.  

c. Clore le Small Talk 

La fin d’un Small Talk peut sembler négligeable. Et pourtant, il n’en est rien ! Diane Windingland, autrice du livre Small Talk, Big Result, propose deux options de sortie. La première est d’introduire la personne à une autre, et d’expliquer pourquoi elle devrait se rencontrer. Par exemple, la phrase « Je vous laisse faire connaissance », est rudement efficace. La seconde est de récapituler la conversation, de complimenter l’échange et/ou de s’excuser de devoir partir. Par exemple : « Merci pour cet échange constructif au sujet des mouettes, mais tu me vois contraint de partir ». 

3. Exercices 

Maintenant que vous possédez certaines astuces pour converser façon Small Talk voici deux exercices qui vous permettront de développer votre Small Talk : 

  • Exercice n°1 : Aller à la cafétéria de l’INSEP et initier une discussion avec un inconnu.  
  • Exercice n°2 : Choisir un sujet à l’avance, et essayer de l’introduire au cours d’une discussion informelle. 

Comment réussir ses « Small Talk » ?

Dans nos interactions professionnelles avec un supérieur, un collègue ou un client, établir une relation professionnelle peut s’avérer complexe. En effet, entre les moments de silence dans une conversation ou une maladresse verbale, il peut surgir un certain sentiment de malaise qui pourrait impacter la dynamique professionnelle. Ainsi, l’objectif de cette partie est de saisir les enjeux et de présenter quelques conseils pour réussir les échanges quotidiens.  

La nature des sujets à aborder dans une conversation est primordiale. L’objectif de ces conversations est d’instaurer un climat de confiance propice à la discussion. C’est pourquoi, le fait de parler de sujets universels ou d’actualités légères favorise l’instauration de ce climat commun. Voici quelques exemples illustrant ces sujets : 

  • La météo 

  • Les activités du week-end 

  • Les résultats sportifs du club local  

  • Dernière sortie cinématographique 

Pour ne pas rompre ce climat de confiance certains sujets sensibles sont à éviter comme la politique, la religion ou encore la vie privée.   

Ensuite, l’efficacité dans une conversation est régie par le fait de rester soi-même. Le fait d’impressionner ou paraître différent n’est pas souhaité pour maintenir un climat de confiance dans la relation. Par ailleurs, être à l’écoute de son interlocuteur en questionnant son propos rendra la conversation pertinente et intéressante. Enfin, le temps de parole dans une conversation doit rester équilibré afin de ne pas monopoliser ou s’effacer dans l’interaction.  

Prendre en considération son interlocuteur et son contexte

Lors de l’utilisation du Small Talk, il est essentiel de prendre en considération son interlocuteur ainsi que le contexte dans lequel la conversation se déroule. Pour mieux comprendre son interlocuteur, il est d’abord important d’identifier les critères descriptifs qui le caractérisent, tels que son genre, sa culture, son âge, ou le statut de la relation. 

  •  Le genre Il est observé que le Small Talk des femmes diffère de celui des hommes (Tannen, 1992). Les conversations entre femmes tendent à être plus axées sur les compliments ou les sujets personnels, tandis que celles entre hommes peuvent prendre un ton plus compétitif avec des taquineries légères, par exemple. 
  • La culture : Connaître la culture de son interlocuteur permet d’éviter les sujets tabous ou les moments inconfortables. Par exemple, si la météo est un sujet de conversation passe-partout, parler de salaire peut être tabou dans certaines cultures. Dans les pays nordiques, le silence est parfois préféré au Small Talk (Stadarus, 2018). Cette considération est particulièrement importante dans le milieu du sport de haut niveau où fréquents sont les entraîneurs recrutés à l’étranger.

  • L’âge : Il est également possible d’adapter les sujets de conversation à l’âge de l’interlocuteur. Les jeunes peuvent être plus intéressés par des actualités récentes ou la technologie, alors que les personnes âgées pourraient être davantage stimulées par des souvenirs nostalgiques. Voir l’article « Génération X – Y – Z » pour plus d’informations.
  • Le niveau de familiarité : Il est également essentiel de prendre en compte le niveau de familiarité que nous avons avec notre interlocuteur. Par exemple, il sera plus judicieux d’en rester à des sujets neutres et professionnels dans le cadre d’une discussion avec une nouvelle rencontre professionnelle, tant dis que nous pourrons aborder des sujets plus personnels avec des amis proches.  

Au-delà des critères descriptifs, il est important de faire une analyse in-situ des comportements de son interlocuteur par le biais de signaux verbaux et non-verbaux. Si par exemple la personne semble occupée ou pressée, il est préférable d’écourter le Small Talk 

Il sera également important de tenir compte du contexte de la conversation, y compris le lieu et l’environnement. Par exemple, le milieu du sport de haut-niveau semble être plus enclin au tutoiement qu’au vouvoiement même dans un contexte professionnel.  

En résumé, un Small Talk réussi inclut une brève compréhension de son interlocuteur et du contexte dans lequel la conversation a lieu. 

Un concept théorique appliqué

Le Small Talk est un concept profondément ancré dans la pratique et l'expérience et de réelles applications dans le sport de haut niveau peuvent-être démontrée. En effet, le Small Talk fait partie de façon plus large des interactions informelles entre les professionnels. Ces interactions ont été souvent rapportés par des cadres du monde du sport de haute performance comme un moyen adapté afin construire une collaboration efficace. En effet, Benjamin Bonnaud, entraîneur national à la FFVoile, le dit : 

« J'y crois de plus en plus [aux moments informels] parce que c'est un peu dans le flow. [...] Il y a des choses qui se font qui sont extraordinaires de manière informelle. ». 

 Lionel Brézéphin, responsable du projet de structuration du MMA à la FFBoxe et anciennement directeur de la performance au Pôle France Boxe de l’INSEP, s’est servi de ces moments informels et du Small Talk pour créer du lien avec ses collaborateurs. Au-delà du Small Talk, il utilise de nombreuses stratégies différentes afin d’établir un lien de confiance. Il accorde un importance primordiale à la notion de partage, partage de gâteaux mais également partage de coups, lors de combats amicaux (i.e. sparrings). De cette façon, il peut davantage les connaître, les comprendre et ainsi travailler avec eux. Cela lui permet aussi d’avoir du soutien par la suite dans les différentes négociations et projets à mener. 

 

Références 

Aflagah, K. &. B. T. &. V. A. (2022). Cheap talk and coordination in the lab and in the field : Collective commercialization in Senegal. ideas.repec.org. https://ideas.repec.org/a/eee/deveco/v154y2022ics0304387821001164.html

Fine, D. (2002). The Fine Art of Small Talk : How to Start a Conversation, Keep It Going, Build Networking Skills -- and Leave a Positive Impression !  http://ci.nii.ac.jp/ncid/BA8454065X

Haupt, A. (2023, 1 juin). 7 Ways to Get Better at Small Talk—And Why You Should. TIME. https://time.com/6280607/small-talk-tips-benefits/

Qu’est-ce que le small talk et comment le maîtriser ?  (2023, 3 septembre). Indeed. https://fr.indeed.com/conseils-carrieres/developpement-personnel/small-talk

Studarus, L. (2018). How the Finnish survive without small talk. https://www.bbc.com/travel/article/20181016-how-the-finnish-survive-without-small-talk

Tannen, D. (1992). How Men and Women Use Language Differently in Their Lives and in the Classroom - ProQuest. https://www.proquest.com/openview/4820c8002938e0c4389396839440efd0/1.pdf?pq-origsite=gscholar&cbl=25066

Windingland, D. (2010). Small talk, big results : Chit Chat Your Way to Success !  Small Talk Big Results.