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Génération X - Y - Z

V1 : Brouillon

Rédacteurs : Vernet Félix - Tachdjian Mathis - Zgorski Joséphine - Robin Maël

Une génération c’est quoi ?Définition


    Le concept de génération, dans le sens moderne, apparaît en 1863 bien qu’il existe des traces de cette conception dans d'anciens écrits. C’est le lexicographe Emile Littré qui définit les générations comme étant : “all people coexisting in society at any given time.” Cette notion est ensuite complétée et approfondie par Karl Mannheim et Pierre Bourdieu dans les années 1923. Ce concept est repris, par la suite, par Gérard Mauger afin de la clarifier aux yeux de ceux qui ne la pensent pas utilisable. Voir aussi La théorie générationnelle Strauss-Howe (William Strauss et Neil Howe)Howe). Auteurs principaux : Auguste Comte,Comte, John Stuart Mill,Mill, Wilhelm Dilthey et Martin Heidegger.Heidegger. Aujourd'hui selon Wilhelm Dilthey la génération est “Un cercle assez étroit d'individus qui, malgré la diversité des autres facteurs entrant en ligne de compte, sont reliés en un tout homogène par le fait qu'ils dépendent des mêmes grands événements et changements survenus durant leur période de réceptivité.” Définition très pertinente vis-à-vis de l’idée que l’on s’en fait.

    Ainsi la génération est un concept de sciences sociales dont les membres ont à peu près le même âge, sont nés à une même époque et partagent une culture et des événements communs. Le terme de génération est très large et peut être flou, les limites peuvent être arbitraires tant sa définition est complexe. Néanmoins cette notion permet de faire des classements, des recherches, etc. Il existe des divergences quant-aux définitions des générations familiales, générations sociales, générations géographiques, etc. Une génération familiale c’est simplement, les grands-parents, les parents, les enfants et les petits-enfants. Les générations sociales sont le produit d’un contexte culturel. Il peut exister aussi des sous catégories de génération en fonction de la classe d’appartenance, de la zone géographique de vie, des croyances, etc. Il existe encore ce que l’on appelle les cusper, les Xennials par exemple, se sont des micro générations des enfants nés entre les bornes d’anciennes et nouvelles générations. Vous l’avez compris, le concept de génération est très large, complexe et débattu dans le domaine de la sociologie.

Mannheim identifie trois éléments communs aux générations : 
  • Location temporelle : le site de naissance,
  • Location historique : exposé à des évènements communs,
  • Location socioculturelle : conscience et idées similaires (notion d’entelechy)

    Il existe deux hypothèses au sein de la théorie de la génération sociale, la “pulse-rate hypothesis” (Justin Dromel et Giuseppe Ferrari)Ferrari) c’est-à-dire l’hypothèse selon laquelle les génération sont délimitées selon les tranches d’âge et l“Imprint hypothesis” (Wilhelm Dilthey)Dilthey), c’est-à-dire l’hypothèse selon laquelle les générations sont délimitées par les évènements propre à une groupe de personne ayant sensiblement le même âge et étant dans une même zone démographique. 

    Il est intéressant de noter que les termes des différentes générations sociales peuvent-être très différents selon les pays, on peut noter par exemple la génération de l’enfant unique entre 1980 et 2010 et la génération des deux enfants entre 2010 et 2025 en Chine. Certains pays ne connaissent pas le terme des babys-boomers. Il existe de nombreux termes désignant les enfants nés dans certaines périodes comme les Xennials, les enfants nés entre la génération X et Y par exemple. Il existe de très nombreux termes en fonction des pays, des événements, des limites des générations, etc. Impossible de faire un résumé de toute cette terminologie.
Exemple de la répartition de l’époque de naissance des 8 dernières générations de notre histoire

Générations Sociales

Génération

Evénements

Génération Perdue (1883 - 1900)

-

Génération Grandiose (1901 - 1927)

Première Guerre Mondiale (1914 - 1918)

Génération Silencieuse (1928 - 1945)

Grande Dépression (1929 - 1939)

Deuxième Guerre Mondiale (1939 - 1945)

Baby-Boomers (1946 - 1964)

Guerre Froide (1947 - 1991)

Guerre de Corée (1950 - 1954)

Guerre du Vietnam (1945 - 1965)

Génération X (1965 - 1980)

Guerre Froide (1947 - 1991)

Génération Y (1981 - 1996)

Guerre Froide (1947 - 1991)

WEB 1.0 (1991 - 2005)

Crise Climatique

Génération Z (1997 - 2012)

WEB 1.0 (1991 - 2005)

WEB 2.0 (2006 - ?)

Guerre contre le térrorisme (2001 - ?)

COVID (2019 - 2021)

Guerre en Ukraine (2020 - ?)

Crise Climatique

Génération Alpha (2012 - 2028)

WEB 2.0 (2006 - ?)

Guerre contre le térrorismeterrorisme (2001 - ?)

Crise Climatique

Micro-Micro générations ? (2029 - ?)

Crise Climatique

Caractéristiques

des générations Baby-boomers, X, Y et Z

Baby-Boomers

Génération X

Génération Y

Génération Z

Sentiment de bâtir une culture nouvelle


Perception d’être une génération charnière “avant et après nous”


Idéalisme - Volonté de réformer le monde


Recherche de la réussite professionnelle


Attrait pour l’expression collective


Vision positive de l’avenir


Respect des intuitions et de l’autorité


Loyauté envers l’entreprise et la hiérarchie

Génération en quête d’identité


Se sent victime des problèmes économiques


Agressivité et cynisme


Apolitique, voire nihiliste


Individualisme


Négation des valeurs des baby-boomers


Erudition technologique


Scepticisme vis-à-vis de l’avenir


Désir d’équilibre entre la vie privée et le travail


Méfiance à l’égard des organisations et institutions

Besoin d’immédiateté


Désir de contribuer


Confiance en soi et optimisme


Recherche d’un projet de vie et pas seulement d’un projet


Quête de développement personnel


Besoin de validation


Tolérance aux différences


Attrait pour l’expertise et les compétences


Notion d’enfant roi et exigence pour le respect de ses droits


Travailler moins et mieux

Hyperconnectés


Ultra Instantanés


Culture du Zapping


Partage et collaboration


Equilibre vie professionnelle et personnelle


Goût pour l'entrepreneuriat et la création


Hédonisme


Quête d’employabilité


Lucidité et pragmatisme


Exigence d’être traité d’égal à égal


Souci de sa propre image


Multiplicité des expériences de vie


Sérendipité - Test and Learn


Passion



    La génération Z telle que nous la définissons dans cette production a été marquée par de nombreux évènements et une transformation de la société, née à l’aube de la grande révolution d’internet. Elle a grandi en même temps qu’internet, dans une adolescence baignée dans les réseaux sociaux, l’abondance d’informations et d’influences, se construisant une identité à la marge des influences familiales et universitaires, avec une ouverture inédite sur tous les possibles (Houdé, 2016). Le monde qui accueille cette génération est frappé par le terrorisme, les préoccupations climatiques et la crise économique dans lesquels les enfants Z ont vu leurs parents évoluer professionnellement. Les combats sociaux nouveaux se multiplient et s’intensifient, le coût de la vie augmente et le monde du travail se transforme vers un individualisme connecté (Flichy, 2004). Le contexte social, économique et politique dans lequel s’est construite la génération Z a influencé leur développement à différents niveaux, présentant ainsi une population culturellement et psychologiquement différenciée de ses prédécesseurs.

1. Une ouverture vers l’univers des possibles

    Jamais les adolescents n’ont eu accès à autant d’informations, avec des influences multiples et inédites, poussé par une maîtrise sans précédents des outils technologiques de communication (Twenge, 2019). Les nouveaux médias et les réseaux sociaux permettant à ces jeunes individus de se construire un cercle social bien plus large, diversifiés, dans lesquels chacun peut faire valoir une expression du soi par l’art ou l’opinion, et avoir accès à celles des autres (Casilli, 2010) de manière totalement horizontale. La construction de leur identité propre peut alors se nourrir de toutes sortes d’influences, à la marge de l’institution familiale et scolaire, aboutissant à une grande diversité de futurs adultes et professionnels. Le temps passé devant un écran individuel et sur les réseaux sociaux est de plus en plus élevé chez ces individus avec des impacts psychologiques et cognitifs faisant sujets de recherches aux conclusions parfois inquiétantes. Le temps d’attention est écourté, la pensée devient superficielle et la mémoire s’appauvrit (Houdé, 2016 ; Goulde, 2020). Les individus de cette génération passent moins de temps avec leurs proches (Twenge, 2019), et un lien semble se révéler entre anxiété, dépression et comportements suicidaires et réseaux sociaux (Abi-Jaoude, 2020). La génération Z constitue la jeunesse la plus dépressive jamais observée. Finalement, les individus de la génération Z se sont développés en se détachant des influences classiques familiales et scolaires en accédant à un univers des possibles sans précédents, construisant leur identité de façon plus personnelle que jamais. Seulement, leur vie sociale physique est amoindrie, leur sentiment d’appartenance moins évident, et la mise en communauté n’est plus nécessaire et se raréfie. 

    La génération Z a grandi dans un contexte de crise socio-économique, avec un taux de chômage en hausse, un pouvoir d’achat en baisse, et une montée du terrorisme et des préoccupations écologiques. Un contraste s’est construit entre l’ouverture virtuelle sur une pluralité de cultures et d’influences sans précédent, nourrissant l’identité de ces adultes en construction, et une vision inquiète de l’avenir, confinée dans une bulle éducative familiale plus protectrice que jamais (Tulgan, 2013). La génération Z est la génération la plus tardive dans son passage à la vie adulte : les premiers rapports sexuels sont retardés, ils restent plus longtemps chez leurs parents, et s’engage plus tardivement dans le monde du travail (Twenge, 2019). 

2. La transformation du monde du travail

    Depuis les années d’après-guerre, le monde du travail taylorien des années 30 tend à disparaître au profit d’un modèle d’entreprise répondant aux demandes diversifiées d’un marché évoluant plus rapidement que jamais. Dans ce nouveau modèle de l’entreprise, que Flichy (2004) nomme l’individualisme connecté, les relations humaines sont au cœur du processus de production. La répétition de tâches manuelles est de plus en plus confiée à des machines, et l’individu est aujourd’hui un résolveur de problèmes multitâches. Les entreprises ont quant à elles multiplié et diversifié leurs moyens de communications, créant des groupes de travail provisoires, des moments d’échanges, d’une manière plus horizontale que jamais. Cette transformation n’a pas commencé avec la génération Z, et les jeunes professionnels de la génération Y se tournaient déjà vers cette nouvelle vision du travail. Quelle est la place de l’individu dans ce nouveau monde professionnel ? Aujourd’hui, l’individu appartient à plusieurs cercles de travail provisoires et changeant, aux limites floues. Le renouvellement permanent de ses compétences et la gestion de mutation profonde de sa carrière façonne l’adulte professionnel, désormais sans la protection qu’offrait le « métier », avec ses règles, ses savoir-faire, et le sentiment d’appartenance communautaire qu’il apportait. L’individu devient responsable de sa propre compétence et doit s’assurer de façon complètement autonome en interaction permanente avec autrui. Ce nouveau modèle est exigeant pour l’individu, source de stress et d’incertitudes au regard de la précarité de l’emploi.

3. La génération Z dans le monde professionnel d’aujourd’hui

    La génération Z a grandi accompagnée de toutes sortes d'influences et de l’émergence de combats sociaux nouveaux et diversifiés. C’est une génération tolérante à l’égard des autres, qui a évolué dans des cercles sociaux divers régis par une communication horizontale. De nombreux auteurs rapportent alors la nécessité pour la génération Z de l’équité (Dalmas, 2019 ; Lévy, 2020). Les droits individuels doivent être respectés, les personnes et le travail valorisés. La génération Z est craintive quant à leur futur équilibre de vie dans le contexte socio-économique actuel, et son engagement au sein d’une organisation - moins poussée par un sentiment d’appartenance réduit - ne pourra être assurée que par une valorisation de son travail et des conditions qu’il considère juste. 

    La communication doit être horizontale, bien que ce ne soit pas exclusif à la génération Z puisque leurs aînés directs tendaient déjà à l’adoption de ce mode de communication avec l’émergence d’une nouvelle organisation de l’entreprise comme discuté dans le paragraphe précédent. L’individu Z porte une estime prononcée pour ses collègues de travail et les supérieurs hiérarchiques avec lesquels il échange de vive voix et qu’il considère compétent. Il ne se sent plus redevable à une organisation mais plutôt à son cercle de travail proche.

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