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Sprint Court

Primo rédacteur : Lionel SCARIOT (2023)

Le sprint court regroupe 3 disciplines de l’athlétisme : le 60m, le 100m et le 200m.

Ces 3 disciplines ont la même logique interne : courir la distance le plus rapidement possible. Mais chaque discipline a ses spécificités. Le 60m se court uniquement en salle, pendant la saison hivernale. Le 100m se court uniquement en extérieur pendant la saison estivale. Contrairement aux deux autres disciplines, le 200m se court en salle mais aussi en extérieur. Les 100 premiers mètres d’un 200m se courent en virage.

Historiquement, le 100m est reconnu comme l’épreuve reine de l’athlétisme et des Jeux Olympiques. Il couronne « l’Homme le plus rapide du monde ». Le Stadion, né au VIIIe siècle av. JC, était une course d’environ 180m. C’était la seule épreuve des 13 premières éditions des Jeux Olympiques de la Grèce antique.

Depuis, le sprint court a connu d’innombrables changement : définition des distances, délimitation des couloirs, précision du chronométrage, changement de la position de départ, de la technique de course, des méthodes d’entrainement, de la surface, des tenues, des chaussures… Autant de changements qui ont contribué à une progression constante des performances. A Athènes en 1896, lors des premiers Jeux Olympiques modernes, l’américain Thomas Burke triomphe sur 100m en 12.0s. A Pekin, 112 ans plus tard, Usain Bolt devient Champion Olympique du 100m en 9.69s. Un an plus tard, il améliore à nouveau son propre record du monde en remportant le titre mondial à Berlin en 9.58s. Record qui tient toujours aujourd’hui.

En sprint, l’athlète le plus rapide est celui qui a la vitesse moyenne la plus élevée sur la distance de course. Mais 2 athlètes ayant la même vitesse moyenne sur une distance, peuvent exécuter 2 courses totalement différentes. Le taux d’accélération, la vitesse maximale et le taux de décélération sont à prendre en compte.

Pour faciliter l’analyse du sprint court, on peut le diviser en 3 phases :

  1. Accélération
  2. Vitesse maximale
  3. Endurance de vitesse

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Figure 1 – Analyse graphique des différentes phases du sprint court.

 

Accélération

Lorsqu’un sprinteur est en position « Prêt » dans les starting blocks, sa vitesse est nulle. La première foulée est la plus lente, la plus longue. L’angle de projection optimal en sortie de blocks se situe aux alentours de 45° degrés. Progressivement, l’athlète se redresse à chaque appui, l’amplitude de la foulée augmente, les temps de contact au sol diminuent, les temps de vol augmentent, jusqu’à atteindre la vitesse maximale.

Sprint-Progression.jpg

Figure 2 : Kinogramme de la phase d’accélération (10 premiers appuis).

Screenshot-2018-07-12-09.31.05.pngFigure 3 : Analyse des temps de contact et temps de vol lors des 10 premiers appuis (Dwain Chambers).

Vitesse maximale

Une fois la phase d’accélération terminée, la vitesse maximale est atteinte. Chez les débutants, la vitesse maximale est plus faible, et atteinte plus tôt. Chez les sprinteurs de niveau mondial, la vitesse maximale dépasse les 12m/s, elle est généralement atteinte entre 60 et 80m. Elle est le produit de l’amplitude et de la fréquence de la foulée. En anglais, cette phase du sprint est souvent appelée « upright sprinting », cela fait référence à la posture de l’athlète : grand, buste droit, épaules légèrement engagées vers l’avant. Dans cette position, l’athlète applique des forces majoritairement verticales au sol. Contrairement à la phase d’accélération lors de laquelle les forces appliquées au sol sont majoritairement horizontales. Lors de cette phase les meilleurs sprinteurs passent environ 0.08s au sol à chaque appui et produisent un pic de force verticale 3 à 5x supérieur à leur poids de corps.

maxv_kinogram.pngFigure 4 : Kinogramme de la phase de vitesse maximale.

 

Endurance de vitesse

La vitesse maximale ne peut être maintenue que 2 à 3 secondes. La fatigue neuromusculaire provoque un allongement des temps de contact au sol, du à un pic de force plus faible. Par conséquence, la fréquence de la foulée diminue. L’amplitude de la foulée reste la même, voir même augmente légèrement, mais jamais suffisamment pour compenser la diminution de la fréquence (pour rappel : vitesse = amplitude x fréquence).

Le tableau ci-dessous permet d’analyser la perte de vitesse des finalistes du 100m féminin aux JO de Tokyo en 2021. La colonne MaxV montre la vitesse maximale atteinte ainsi que la fréquence (SF) et l’amplitude (SL) de la foulée lors de la phase de vitesse maximale. La colonne SE montre les mêmes paramètres 2.5 secondes plus tard. On observe en effet une diminution de la fréquence et un maintien, voir une augmentation de l’amplitude, résultant en une perte de vitesse de 2.1 à 3.4%.

vazel6.jpgFigure 5 : Analyse de la perte de vitesse, finale 100m féminin, JO Tokyo 2021.

Conclusion

Chaque phase du sprint court mobilise des qualités physiques et une exécution technique différente. Il est donc important de les développer individuellement et conjointement afin d’améliorer la transition entre chaque phase. La capacité d’accélération est capitale sur 60m, l’endurance de vitesse joue un rôle plus important sur 200m, mais la vitesse maximale reste la qualité fondamentale sur toutes les distances du sprint court.

Notes et références

 

Articles : 

Évolution du Record du Monde :

https://www.bbc.com/sport/olympics/36952449

Évolution des chaussures de Sprint :

http://olympicshoes.blogspot.com/2012/06/from-sport-sandlas-to-track-shoes-brief.html 

A history of sprint training methods :

https://dokumen.tips/documents/a-history-of-sprint-a-history-of-sprint-training-methods-a-pj-vazel-2012-general.html?page=1 

Analyse du 100m aux JO de Tokyo 2021 par PJ Vazel :

https://www.hmmrmedia.com/2021/10/tokyo-sprint-analysis/ 

 

Études :

The biomechanical model of the sprint start and block acceleration :

https://www.researchgate.net/publication/285702695_The_biomechanical_model_of_the_sprint_start_and_block_acceleration 

Kinematic and kinetic parameters of sprint start and start acceleration model of top sprinters :

https://www.researchgate.net/publication/267241048_Kinematic_and_kinetic_parameters_of_sprint_start_and_start_acceleration_model_of_top_sprinters 

Kinematic and kinetic comparison of elite and well-trained sprinters during sprint start :

https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/19935105/ 

Acceleration capability in elite sprinters and ground impulse: Push more, brake less? :

https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/26209876/ 

Selected determinants of acceleration in the 100m sprint :

https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/25964817/ 

Sprint running research speeds up: A first look at the mechanics of elite acceleration :

https://onlinelibrary.wiley.com/doi/abs/10.1111/sms.12520 

Association of Sprint Performance With Ground Reaction Forces During Acceleration and Maximal Speed Phases in a Single Sprint :

https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/28952906/ 

Energetics of high-speed running: integrating classical theory and contemporary observations :

https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/15576662/ 

Sprint performance-duration relationships are set by the fractional duration of external force application :

https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/16254125/ 

IAAF Biomechanics Research Project Athens, 1997. German Sport University, Cologne :

https://worldathletics.org/download/download?filename=2b3a9c2d-53d6-4711-815b-da59e5b32f6e.pdf&urlslug=Biomechanical%20Research%20Project%20-%20Athens%201997%20 

Competition Model Characteristics of Elite Male Sprinters :

http://centrostudilombardia.com/wp-content/uploads/IAAF-Corsa-Velocita/2014-Competition-model-characteristics-of-elite-mail-sprinters.pdf 

Running velocity dynamics in 100 m sprint: comparative analysis of the world top and Estonian top male sprinters :

https://www.researchgate.net/publication/266055321_Running_velocity_dynamics_in_100_m_sprint_comparative_analysis_of_the_world_top_and_Estonian_top_male_sprinters

The Science of Speed: Determinants of Performance in the 100 m Sprint :

https://journals.sagepub.com/doi/pdf/10.1260/1747-9541.6.3.479