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Saut en longueur

Primo-rédacteur :  Jules ETIENNE 2023

Le saut en longueur est l’une des quatre disciplines avec le saut en hauteur, à la perche et le triple saut qui composent la famille des sauts dans l’athlétisme. C’est le plus naturel des sauts, bondir pour franchir un obstacle fait partie de la motricité humaine. 

Logique interne 

L’épreuve consiste à sauter le plus loin possible dans un bac à sable à partir d’une course d’élan en prenant appel sur une seule jambe. Dans un concours, le vainqueur est celui qui saute le plus loin tout en respectant le règlement spécifique à l’épreuve. La particularité de dans les concours en athlétisme est que l’on privilégie le classement tout en accordant une place à la performance chiffrée.

Historique

Le saut en longueur, est le premier des sauts à apparaître dans les disciplines athlétiques. L’épreuve n’a pas toujours existée sur la forme que l’on connaît aujourd’hui. Le saut en longueur est présent dès les jeux celtes en 1929 av. J-C. Ensuite, les grecs ont modifié la logique interne de l’épreuve en utilisant la technique d'un saut sans élan à partir d'un contre haut avec des haltères. La course d’élan a été introduite par la suite et la marque d’appel symbolisée par un point précis. Les traces des premières mesures laissent penser qu’il s’agissait davantage d’une performance de triple saut. A l’époque des Grecs, la somme des 3 meilleurs sauts était établie pour effecteur un classement. Différentes techniques ont été testé, l’utilisation de contre haut et contrebas, ainsi que d’haltères montrent l’intérêt des sauteurs de l’époque pour les segments libres dans les différentes phases du saut[1].Au moyen-âge, le saut en longueur sans élan était utilisé comme jeu de foire. Puis au milieu du XIXè siècle, le saut en longueur apparaissait parmi les compétitions anglaises.

Enfin, le saut en longueur figurait au programme des premiers jeux olympiques modernes d’Athènes en 1896 et est toujours présent aujourd’hui. Cependant la pratique était réservée aux hommes. Le saut en longueur féminin a été inscrit au programme des Jeux Olympiques en 1948 à Londres.

Réglementation

D'un poiint de vue réglementaire, l’aire du saut en longueur est délimitée par une piste d’élan de 40 mètres minimum de la largueur standard d’un couloir, d'un bac à sable d'une longueur minimum de 10 mètres à partir de la planche d'appel. La planche d’appel mesure 20 centimètres de largeur et la plasticine 10 centimètres soit 30 centimètres au total. La performance d’un saut est mesurée si l’athlète ne mord pas la plasticine placé sur la planche d’appel et lorsque la vitesse du vent ne dépasse les 2 mètres par seconde. Cette mesure est essentielle pour valider le saut afin que la performance soit homologuée. Dans les concours de plus de 8 concurrents il y a 3 essais par personne puis 3 essais supplémentaires pour les 8 meilleurs. Lorsqu’il y a 8 concurrents ou moins le nombre d’essais passe à 6. Les athlètes ont un temps imparti pour réaliser leurs essais en fonction du nombre de concurrents dans le concours[2].

Les différentes phases du saut[3]

Le saut en longueur peut être scindé en deux parties. La première partie est la course d’élan comprenant la mise en action, la vitesse optimale et la préparation à l’appel. La seconde partie comprend l’impulsion, le décollage, la suspension et la réception. 

La course d’élan permet d’atteindre la plus grande vitesse possible au moment de l’appel sans nuire à l’efficacité de l’impulsion. Elle produit une vitesse horizontale nécessaire à l’envol, une vitesse utilisable et contrôlable à l’appel. On parle de vitesse optimale

La préparation à l’appel débute à l’antépénultième appui. Il y a un abaissement du centre de gravité et des foulés rythmées afin que le sauteur se prépare à transformer la vitesse horizontale en vitesse verticale. Il organise une prise d’avance de pied d’appel sur le bassin.

L’appel permet le passage de la course à la suspension. L’impulsion,  est selon A. Piron[4], une variation qui consiste à dévier la trajectoire du centre de gravité de l’athlète. En longueur, elle est déterminée par la vitesse horizontale produite lors de l’élan et l’angle d’envol. Elle nécessite un alignement « cheville-genou-hanche », un passage du bassin au-dessus de l’appui et une poussée complète en utilisant les segments libres pour orienter l’impulsion.

Lors de la phase de suspension, l’athlète effectue des mouvements segmentaires afin de compenser la rotation autour du centre de gravité et préparer la réception par une position optimisant la longueur du saut. Il existe plusieurs techniques tels que le ciseau, le double ciseau ou encore l'extension. 

Le ramené est la phase d’atterrissage dans le sable. Il est caractérisé par la mobilisation des segments de l’athlète avec une projection des jambes et des pieds en avant du bassin pour toucher le sable le plus loin. Les fesses viennent prendre la place des talons lors de la réception dans le sable.

Au niveau physiologique, le métabolisme majoritairement utilisé dans ce type d'effort est le métabolisme anaérobie alactique aussi appelé voie des phosphagène. Ce métabolisme permet la resynthèse d’ATP nécessaire à la production d’énergie pour la contraction musculaire.

Évolutions techniques de la discipline[5]

Les progrès techniques de la discipline ont évolué au cours du XXème siècle. Dans un premier temps, les entraîneurs et spécialistes de la discipline ont compris que la vitesse d’approche devrait être la plus élevée possible. Jesse Owens en 1935, excellent sauteur et sprinteur a été l’un des premiers athlètes capables d’utiliser la vitesse sans perte à l’appel. Il utilisait la technique du ciseau lors de la phase de suspension. Il a fallu attendre les années 1980 pour que le ciseau soit la technique phare du saut en longueur. L’autre technique appelée saut en extension et qui a été utilisée par Robert Emmiyan, remet en question la notion de vitesse d’approche. Cette seconde technique est caractérisée par un angle d’envol plus important que le ciseau et une vitesse d’approche inférieure.

Enfin, dans les années 1990, sous l’impulsion d’A. Tronquart la technique du ramené a deux pieds va être amené a évolué à un pied. Cette technique visant à projeter ses pieds le plus en avant du point de chute théorique et rendu possible grâce à la technique du ciseau. Le ramené à un pied apporterait un gain de quelques centimètres sur la performance.

Exemples de deux kinogrammes montrant 2 techniques de suspension différentes lors des mondiaux de Berlin en 2009, ainsi que 2 techniques de ramenés avec un ramené 1 pied pour S. Sdiri et 2 pieds pour Rutherford. 

Saut en extension avec une extension du bassin vers l’avant puis ramené à deux jambes.

Saut en ciseau avec des rotations des segments libres vers l’avant puis ramené à 1 pied.

 

Evolutions futures 

Depuis

2021, la fédération internationale d'athlétisme a autorisé la construction de nouvelles planches de saut en longueur à partir d'un matériau appelé composite. Une problématique est apparue depuis ce changement, les pointes des chaussures n'accrochent plus dans ce matériau et lorsqu'il y a de la pluie, la planche devient glissante. Les conséquences sont de nombreuses glissades sur la planche avec plus ou moins de dégâts en termes de blessures chez les athlètes. Par exemple, le saut de McLeod lors des derniers mondiaux. 

https://www.eurosport.fr/athletisme/athletisme-vers-une-revolution-au-saut-en-longueur-la-planche-dappel-bientot-supprimee-_sto20000907/story.shtmlRécemment en Janvier 2024, la fédération internationale d'athlétisme a évoqué la possibilité de tester un nouveau format de saut en longueur lors des deux années à venir. Dans cette nouvelle formule, la planche d’appel ne serait plus utilisée et laissera la place à une « zone de saut » pour rendre cette discipline plus spectaculaire. Cette décision viendrait du fait que les athlètes mordent beaucoup de sauts et que le temps entre chaque saut est trop long du à la mesure. Cette récente annonce a fait réagir de nombreux athlètes. Certains parlant même d'un changement de discipline car la précision du geste reste l'essence même de la discipline, qui disparaîtrait en cas de changement de règles.

Notes et références / bibliographie

 

Sources

Aubert. Frédéric, « les enjeux de la course d’élan », Editions Revue EPS n°24, 1993

Aubert. Frédéric, « Athlétisme. 2. Les sauts », revue EPS, 2004

FFA. (2021) Réglement FFA». Athle.fr. (Consulté le 21 novembre 2023).

Georget. J.C, « L'abécédaire de l'athlétisme», athle.fr, 2017

Hay. J.G, « Biomécanique des techniques sportives ». Vigot, Paris, 1980

Hay. J.G, Miller, J.A. and Canterna, R.W, “The techniques of elite male long jumpers”. Journal of Biomechanics, 19: 855–66, 1986

Piron. A, « Analyse fonctionnelle du mouvement », Editions Revue EPS, n°204, 1987

Potet. Frédéric, « La nouvelle vogue du ciseau dans le saut en longueur », Le Monde, 28 août 1999

Références

[1] Aubert. F. (2004). « Athlétisme. 2. Les sauts ». Revue EPS.

[2] FFA. (2021) Réglement FFA». Athle.fr. (Consulté le 21 novembre 2023).

[3] Georget. J.C. (2017) « L'abécédaire de l'athlétisme», athle.fr.

[4] Piron. A. (1987). « Analyse fonctionnelle du mouvement ». Éditions Revue EPS.

[5] Potet. F. (1999). « La nouvelle vogue du ciseau dans le saut en longueur ». Le Monde.

Voir aussi

Liens connexes : 

 Record du monde masculin de Mike Powell (8,95m), saut en double ciseaux :

https://youtu.be/YBpNMRi5kMY?si=lnQPo1OqdFiuo74M

Record d’Europe de Robert Emmiyan (8,86m), saut en extension :

https://youtu.be/clUlMzBk7Kc?si=H62-nTA_pHpQJnjo

Record du monde Féminin de Galina Chistyakova (7,52m) en 1988 :

https://www.dailymotion.com/video/x33aykr

Articles sur les planches de saut en longueur : 

article Ouest-France

Article Europsort