Modèle d'entrainement
Primo contributeur Thierry BLANCON 2023
Définition
D’après Thierry BLANCON, le modèle d’entraînement s’intègre dans un concept global d’analyse de la pratique. Suite à une logique interne établie et d’un modèle de performance qui en découle, le modèle d’entraînement traite de la mise en œuvre, sur le terrain, de cet entraînement. Les objectifs généraux, pour ne pas dire la vision globale de l’entraînement proposé, sont l’émanation du modèle de performance. Pour une même discipline, chaque entraîneur peut avoir une vision différente du modèle d’entraînement mais constatons que trois quarts des idées ou de la mise en œuvre sont presque identiques. Là encore, les interactions sont aussi importantes à décrire que les contenus. Le modèle d’entraînement permet de clarifier la pensée de l’entraîneur mais, aussi, le cas échéant de communiquer sur sa méthodologie d’entraînement. Le format de réflexion ou de traitement est laissé à l’initiative de l’entraîneur.
Dans une nuance assez proche, Jean-Philippe THOMAS, enseignant à l’INSEP, explique que le modèle d’entraînement est un document écrit qui formalise, ou inventorie, les différentes ressources ou capacités sollicitées à l’entraînement ainsi que les méthodes utilisées dans le cadre de l’entraînement, permettant de développer les principaux facteurs composant les dimensions de la performance dans une discipline sportive. Le modèle d’entraînement est issu du modèle de performance qui identifie les facteurs essentiels mobilisés par le sportif dans les différentes dimensions de la performance lors de la compétition et qui sont développés à l‘entraînement, voire aussi hors entraînement. Le modèle d’entraînement ne peut faire fi de l’accompagnement et la préparation du sportif avant, pendant et après la compétition.
En pratique
Pour exemple, dans les années 90, le saut en hauteur cubain était à son âge d'or. Garçons et filles brillaient tout autant sur la scène mondiale, mais l'entraîneur qui s'occupait des filles n'était pas le même que celui en charge des garçons. Les deux collègues proposaient des modèles d'entraînement très proches où, en musculation, les exercices dynamiques avec des charges légères alternaient avec les exercices avec des charges lourdes. Ces exercices étaient combinés avec un travail de pliométrie savamment dosé pour ne jamais émousser la forme physique. Il est intéressant de constater, en revanche, que les garçons manipulaient des charges proportionnellement beaucoup plus lourdes ! L'option d'une recherche de force maximale du train inférieur était assumée chez les garçons alors que les filles, elles, restaient dans des valeurs infra maximales. Cette nuance de conception relevait de la sensibilité de l’entraîneur et de l’appréciation des besoins des athlètes concernés.
Un modèle d’entraînement ne peut se limiter à la seule prescription d’exercices. C’est un fonctionnement global qu’il faut faire ressortir, surtout si la méthode de l’entraîneur est singulière. A ce titre, des thématiques telles que l’alternance travail/repos doivent figurer en bonnes places.
La relation entraîneur/entraîné ou la dynamique de groupe sont aussi à expliquer. Elles ont une influence capitale sur la façon de faire passer les contenus au bénéfice des sportifs.
Un plan d’entraînement n’est pas un carcan. C’est un fil d’Ariane qui permet de baliser un chemin vers la performance. En conséquence, une plage d’adaptation doit être prévue. En fonction des entraîneurs et/ou des athlètes, c’est parfois jusqu’à un tiers du contenu initialement prévu qui peut être adapté, modifié ou supprimé. Cela à l’échelle de la séance ou de celle d’un cycle. Cette possibilité d’adaptation doit être verbalisée.
Voir aussi...
Bibliographie
Articles