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Gouvernance et l’organisation mondiale du sport

Primo rédacteur : Angèle LABRO, 24 novembre 2023

La gouvernance et l’organisation du sport 

Histoire 

Dans l’essor des enjeux contemporains du monde sportif, il y réside un concept de plus en plus important qui est la gouvernance. De la compétitivité historique du sport jusqu’à sa structure organisationnelle, tout est lié à la manière dont il est gouverné. À l’échelle mondiale, cette gouvernance émerge comme un défi complexe qui implique le règlement sportif mais également les valeurs et l’éthique même de chaque discipline. la gouvernance du sport est assurée par des organisations telles que le Comité international olympique (CIO), la Fédération internationale de football association (FIFA), l'Union des associations européennes de football (UEFA) et d'autres fédérations internationales qui régissent chaque autres sports. Ces organisations édictent des règles et des réglementations pour leurs disciplines respectives, organisent des événements majeurs et travaillent à la promotion du sport à travers le monde. [1]  

La gouvernance mondiale du sport a connu une évolution significative au fil des années pour répondre aux besoins changeants du milieu. Depuis la création du CIO en 1894, le sport est devenu une industrie à part entière, générant des revenus importants pour les entreprises, les organisations sportives et les gouvernements. 

Au cours des dernières décennies, le monde du sport a connu des scandales de corruption, de dopage et de discrimination, qui ont mis en évidence la nécessité d'une meilleure gouvernance. En réponse à cela, des organisations telles que l'Agence mondiale antidopage (AMA) ont été créées pour aider à garantir que les athlètes concourent de manière équitable. Des mesures ont également été prises pour encourager la diversité et l'inclusion dans le sport, notamment en créant des initiatives pour encourager la participation des femmes et des minorités. [2]  

En 2019, la France décide de structurer et de coordonner ses politiques sportives en créant l’Agence Nationale du Sport. Elle est créée dans l’optique de Paris 2024 mais également dans le simple but de développer la mise en place des stratégies nationales et régionales pour le développement du sport. [3]

 La gouvernance du sport repose également sur les multiples acteurs engagés dans ce système. On peut à ce titre rappeler la classification des organisations sportives proposée par Bayle (2007). Cette classification est articulée de quatre niveaux allant du noyau dur des organisations sportives (les plus intégrées au système sportif) aux plus périphériques (les moins intégrées), constitue une cadre pertinent permettant d’appréhender toutes les formes d’organisations mobilisées dans la gouvernance du sport. [4]

Ainsi, les organismes publiques sont historiquement au cœur de la gouvernance du sport. Toutefois, l’évolution de la commercialisation du sport est très progressive à partir du milieu des années 1980 ce qui a fait évoluer ce paradigme entrainant le nombre d'acteurs impliqués dans le système sportif et donc dans sa gouvernance. En effet, les produits et services sportifs ont acquis une dimension marchande au fil des années 1990. Des structures privées, notamment liées au tourisme et aux loisirs sportifs, se sont donc positionnées sur ce marché en croissance avec la perspective d'une rétribution monétaire en échange des produits et services proposés. [4] 

Objectif 

 Les objectifs de la gouvernance mondiale du sport sont multiples. En plus de garantir un environnement équitable pour les athlètes, elle vise également à promouvoir l'intégrité, la transparence et la responsabilité dans le monde du sport. Elle travaille également à la promotion du développement durable, en encourageant des pratiques écologiques dans l'organisation d'événements sportifs majeurs. L’article de Bauman et al. (2019) explique les enjeux juridiques et financiers de la gouvernance mondiale du sport. L'auteur explore également les différents acteurs impliqués dans la gouvernance et propose des pistes pour améliorer la transparence et la responsabilité dans ce domaine. 

Le marché du sport est de plus en plus intéressant pour l’économie d’un pays. Dans ce marché, il y a plusieurs types de recettes que peut en tirer l’organisation comme les frais de licence, les subventions, les frais médiatiques, le sponsoring ou encore sur les évènements.[5] Organiser des méga-événements provoque un intérêt particulier pour les grandes régions mondiales car ils génèrent une activité économique en plus d’un poids médiatique important. Il existe 3 types de structure en France qui organisent la politique sportive du pays : le ministère des sport et ses structures déconcentrées, l’effort des collectivités territoriales en faveur du sport mais surtout les fédérations et leurs différents comités territoriaux. Ces dernières sont constituées d’associations depuis la loi 1901 qui représentent les structures sportives françaises. Le chapitre III de la loi du 16 juillet 1984 prévoit qu’elles ont pour objet l’organisation d’une ou plusieurs disciplines sportives dont elles gèrent la pratique, de l’activité de loisir au sport de haut niveau. Les licences que proposent les associations permettent au Ministère chargé des sports de délivrer un agrément aux fédérations qui participent à l’exécution d’une mission de service public. L’association peut se voir recevoir des subventions dans le cadre d’une convention d’objectif signée pour 4 ans. [4][6] 

En général, le soutien public au sport, qui n'est pas limité à la France, est justifié par la notion d'externalité, introduite dans la théorie économique par Alfred Marshall en 1890. Cette notion se réfère à la situation où le comportement d'un agent économique peut affecter positivement ou négativement le bien-être d'un autre agent économique, sans contrepartie monétaire. Le sport peut avoir des externalités négatives telles que le dopage, le hooliganisme, la dégradation du milieu naturel ou les nuisances pour le voisinage lors d'événements sportifs, mais il peut aussi avoir des externalités positives telles que l'amélioration de la santé, l'accroissement de l'espérance de vie, la réduction de l'absentéisme, l'intégration sociale ou encore l'amélioration de l'image de marque d'un territoire. [7]

 Bien que la sphère publique (État et collectivités territoriales) ait longtemps piloté et financé le volet sportif, elle n'est plus le seul organe contribuant à la gouvernance du sport. Des structures privées à but lucratif ou associatives à but non lucratif coexistent aujourd'hui et participent à la gouvernance globale du sport. Les fédérations sportives ont connu de profonds bouleversements dans leur modèle économique au cours des trente dernières années. Elles sont passées d'un financement dual, principalement basé sur les aides publiques et les recettes liées à la vente de licences, à un financement multiple où la recherche de recettes propres est devenue essentielle. Leur modèle économique est ainsi passé du statut d'organisation parapublique à celui d'organisation para-privée. Cependant, chaque fédération a un mode de revenus différent qui dépend de son développement et de sa notoriété. Par exemple, en 2015, la Fédération française d'athlétisme a gagné 6,88 millions d'euros grâce à ses partenaires privés, dont 1,3 million en échange de marchandises. La même année, la Fédération française de football a reçu 84,5 millions d'euros de sponsoring. Contrairement à ces fédérations, le taux de renouvellement de licences de la Fédération française de gymnastique a diminué de 2,37% ces cinq dernières années pour atteindre 53,91% en 2016. Une étude menée en 2017 auprès de 66 000 anciens licenciés a mis en évidence plusieurs raisons pour lesquelles ils ne renouvellent pas leur licence, notamment un manque de temps en raison des études ou du travail, un déménagement, une blessure, une lassitude de la gymnastique, un différend avec un entraîneur ou un autre pratiquant, ainsi qu'une trop forte pression mentale ou physique. La connaissance de ces facteurs de non-renouvellement influencera à la fois la construction de l'offre fédérale et la formation des encadrants dans les années à venir. [4]

La transformation des modèles économiques des fédérations sportives est également liée à l'évolution du marché de la pratique sportive, devenu plus ouvert et éclaté au fil des années. Les fédérations doivent donc faire face à de nouveaux défis et enjeux stratégiques à moyen et long terme, tels que la diversification de l'offre sportive et la recherche de la satisfaction des pratiquants. Dans ce contexte, les fédérations sportives cherchent à être moins dépendantes des subventions publiques en développant des sources de financement propres et en renforçant leur politique de différenciation vis-à-vis des autres pratiques sportives, qu'elles soient fédérales ou non. Elles cherchent également à connaître les motivations et les attentes des pratiquants à travers des études approfondies par questionnaire afin de mieux répondre à leurs besoins et de fidéliser leur clientèle. [6]

Le licencié est ainsi devenu l'un des principaux vecteurs de développement pour les fédérations sportives, qui accordent une attention particulière à sa satisfaction et à son niveau d'engagement. Pour cela, elles cherchent à développer leur marque fédérale et à renforcer leur politique de différenciation en mettant en avant les avantages spécifiques de leur pratique sportive. 

Finalement, la gouvernance globale du sport est désormais assurée par une pluralité d'organisations, publics et privés, qui se partagent le financement et le pilotage des politiques sportives. Les fédérations sportives ont ainsi connu une transformation profonde de leur modèle économique, passant d'une dépendance aux subventions publiques à une recherche active de sources de financement propres et à une politique de différenciation vis-à-vis des autres pratiques sportives. La satisfaction et l'engagement des pratiquants sont devenus des enjeux-clés pour les fédérations sportives, qui cherchent à diversifier leur offre et à fidéliser leur clientèle grâce à une meilleure connaissance de leurs besoins et de leurs attentes. 

Sources et références 

Sources  

Livre : 

Mathieu Djaballah, Christopher Hautbois et Michel Desbordes. Impacts sociaux des événements sportifs non-méga. EuropeanSport Management Quaterly. (2015). Une approche des perceptions et des stratégies des collectivités locales fondée sur l'analyse des sens. 15 (1), pp 48-76. 

Pascal Aymar, Michel Desbordes et Christopher Hautbois.  Management global du sport. Marketing, gouvernance, industrie et distribution. Amphora. (2019). 

Pierre Chifflet, Championnats sportifs, enchevêtrement des objectifs et stratégies. Espace et Temps du sport, (2020).

Références 

Documents : 

[1]  Deloitte. (2019). Sports business group - Annual review of football finance 

[2] Mathieu Djaballah, Christopher Hautbois et Michel Desbordes. Impacts sociaux des événements sportifs non-méga. EuropeanSport Management Quaterly. (2015). Une approche des perceptions et des stratégies des collectivités locales fondée sur l'analyse des sens. 15 (1), pp 48-76. 

[3] Véronique Bédague-Hamilius, Ross McInnes, Frédéric Mion. Service public se réinventer pour mieux servir. (2021).

[6] Pielke Jr, R. A. (2018). The governance of sport. In Sport and Public Policy (pp. 55-66). Palgrave Macmillan, Cham. 

[7]  Nielsen Sports. (2021). Global sports market size, trends & outlook 2021. 

Livre : 

[4] Pascal Aymar, Michel Desbordes et Christopher Hautbois. (2019). Management global du sport. Marketing, gouvernance, industrie et distribution. Amphora. 

[5] Pierre Chifflet, Championnats sportifs, enchevêtrement des objectifs et stratégies. Espace et Temps du sport, (2020).