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Ethique et haute performance

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Primo rédacteur : Ethan BÉNARD 2023

 

Dans le monde du sport, le terme éthique est une notion très présente. Qu’il s’agisse des comités d’éthique ou des chartes éthiques des instances sportives ou étatiques, ce terme semble être à l'origine de nombreuses réflexions. Ces réflexions, aux enjeux multiples, touchent l’ensemble des publics sportifs : amateurs à sportifs de haut-niveau. 

  

Précisions des termes 

Éthique : 

Le mot éthique, vient du latin ethicus (ou “la science morale”), lui-même issu du grec ancien ethos, signifiant “les mœurs, les habitudes, la façon de vivre et d’agir (selon le Centre National des Ressources Textuelles et Linguistiques, CNRTL). Les mots éthique et morale, semblent avoir des origines communes. Néanmoins, en linguistique actuelle, il est commun d’accepter une différence sémantique entre ces deux termes. Qu’en est-il vraiment ? 

Selon André Comte-Sponville, bien que ces deux termes soient normatifs, la morale est avant tout impérative, alors que l’éthique ne l’est pas. En d’autres termes ”la moral commande, l’éthique recommande”. Par ailleurs, Comte-Sponville ajoute que l’éthique différencie le bon du mauvais, quand la morale différencie le bien du mal. D’autres définition de ces deux termes vont également dans ce sens.  

En somme, ce qui distingue l’éthique de la morale, c’est leurs caractères universels et intemporels. En effet, là où les règles morales sont absolues et universelles, les règles morales ne sont le fruit que de réflexions communes faces à des questions actuelles, pouvant ainsi évoluer au cours du temps (selon Dominique Grimaud, dans la revue Actualité et dossier en santé publique).  

Bien qu’il soit difficile de définir avec justesse la notion d’éthique, il s’agirait en fait de l’ensemble des règles - issues de la morales -, édictés après des réflexions communes autour de sujets diverses - comme la médecine, la science ou le sport -, servant alors de “guide pour agir vers le bon.  

Comment penser l’éthique ? Quelles méthodes ou réflexions nous amènent-elles à définir des règles éthiques ? La philosophie de l’éthique est une branche de la philosophie s’intéressant à l’édiction des règles éthiques, leurs applications et leurs conséquences. Plusieurs courants de pensée ont vu le jour depuis l’Antiquité. Allant de Aristote à Freud. Ces différentes écoles de pensée ne montrent qu’une seule chose : l’éthique est au final un concept subjectif. 

 

Haute-performance :  

Le mot performance vient de l’anglais to perform, lui-même issu de l'ancien français parformer signifiant parfaire. Comte-Sponville définie la performance comme étant une action réussie [...], qui étonne par sa rareté ou sa difficulté. Cette définition met en exergue un point essentiel : la subjectivité de la performance. Une action peut être difficile pour un individu, quand elle peut être facile pour un autre. Le suffixe “haute-…”, ajoute du prestige à la performance elle-même, la rendant encore plus inaccessible, encore plus étonnante. Néanmoins, la subjectivité du terme reste, bien qu’atténuée.   

Par ailleurs, le dictionnaire Larousse ajoute la notion de “résultat chiffré. La performance est donc une action mesurable (dans le temps, dans l’espace...).  

Il nous est également nécessaire de cadrer la notion de performance. Car une performance peut être sportive, comme elle peut être artistique ou économique. Qu’est-ce qu’une performance sportive ? Tout d’abord, définissons le terme de sport. Selon Pierre Parlebas, un sport se définit selon 3 critères : 


  • Une situation motrice 

  • Une compétition règlementée 

  • Une institution 


La notion de compétition règlementée donne toute sa richesse à la notion de performance sportive. Car, la compétition ne représente que l’affrontement de deux, ou plusieurs individus, ne pouvant-être, de surcroît, départagés que par des résultats chiffrés et objectivés.  

Pour préciser cette relation entre sport et performance ; si chaque compétition pousse les individus à faire un meilleur résultat queux-mêmes, d'une part, mais aussi mieux que leur adversaire, alors la notion de performance induit un dépassement de ses propres limites, mais aussi celle des autres 

On peut donc considérer une haute-performance comme étant une action réussie, faites dans un cadre sportif, et étonnant de par sa grande rareté ou sa grande difficulté 

 

Éthique et haute-performance : un paradoxe sous-jacent 

La haute-performance, prise dans un contexte sportif encourage chaque sportif à se surpasser lui et ses adversaires, mais aussi à surpasser les records actuels. Le record pouvant être considéré comme la fixation d’une limite chiffrée - par exemple le record du monde de vitesse sur 100 mètres, à savoir 10’’49’’’ chez les femmes et 9’’58’’’ chez les hommes -. Cette volonté de surpassement, intrinsèque à la logique compétitive, peut parfois, suggérer aux athlètes l’utilisation de moyens ou comportements contraires aux prescriptions du règlement sportif : dopage, triche, comportements anti-sportifs... 

C’est ici que surgit un paradoxe sous-jacent, dans la relation entre l’éthique et la haute performance. Car le fondement de l’éthique - dans le sport -, est un corpus de règles amenant les sportifs à performer dans un cadre sain. L’excès que suggère la haute-performance peut alors inviter les sportifs à dépasser ce cadre.  

Les comités d’éthique et chartes d’éthiques sont alors indispensable dans le milieu sportif. D’une part, l’édiction des règles éthiques se fait par ces comités et groupes. Mais d’autre part, car, ces groupes ont un rôle de prévention et de sensibilisation quant au règlement éthique et aux sanction probables en cas de manquement. 

 

L’éthique dans le milieu de la haute performance : une notion en mouvement constant 

Si les comités d’éthiques au sein des instances sportives et étatiques ont pour rôle d'édicter des règles et d’en faire la promotion, ces dernières ne sont pas absolues 

Effectivement, l’éthique se fonde d’une part sur des règles morales implicites à une société, mais aussi sur la société elle-même. De nouvelles polémiques relatives à l’éthique sportive émergent continuellement. La transidentité au sein du sport est, par exemple, une réflexion actuelle. Car il est nécessaire, que les athlètes transgenres puissent pratiquer dans un cadre sécurisé - vierge de toute transphobie ou hostilité -, mais puissent également concourir dans la catégorie correspondant à leur genre. Une question faisant débat quant à l’équité, fondement de l’Olympisme et de la compétition.  

 

Notes et références 

Références 

Comte-Sponville, A. (2021). Dictionnaire Philosophiques. PUF 

Parlebas, P. (1999). Jeux, Sports et Société : Lexique de praxéologie motrice. INSEP 

Schur, M. (2022). Comment être parfait. Philosophie Magazine Editeur 

Andrieu, B (2019). Éthique du sport : Morale sportive, performance, agentivité. VRIN 

Grimaud, D (2011). L’éthique dans l’environnement sanitaire. Actualité et dossier en santé publique. Haut conseil de la santé publique.  

Andrade Pinto, D (2020). Choc des pensés éthiques. HEConomist, le journal des étudiant.e.s. https://heconomist.ch/2020/10/17/choc-des-pensees-ethiques-le-kantisme-2/ 

Larousse, https://www.larousse.fr/ 

Centre National des Ressources Textuelles et Linguistiques. https://www.cnrtl.fr/ 

Comité International Olympique, Code d’éthique, https://olympics.com/cio/code-d-ethique