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Cryothérapie

Cryothérapie

Primo rédacteur : Roussel Matéo

Définition

 

La cryothérapie est un processus thérapeutique consistant à exposer son corps, ou une partie, pendant de courtes périodes, à des températures extrêmement basses.

La cryothérapie comprend plusieurs méthodes comme l’application d’eau froide, de glace, ou l’exposition à l’air froid. Ces méthodes peuvent avoir différents intérêts bien distincts selon le contexte : récupération post-séance / post-compétition, blessures…

Elle peut être utilisée dans beaucoup de domaines différents : traitement chronique de la douleur, médecine oncologique, dermatologie. Ici nous nous pencherons plus sur son utilisation dans le domaine de la performance sportive.

 

Aperçu historique

 

L’utilisation de la cryothérapie remonte à des époques très lointaines. Déjà 2500 av JC, les égyptiens découvraient les bienfaits du froid pour traiter les inflammations. Bien plus tard (460-370 av JC), Hippocrate conseil dans ses textes l’utilisation de glace ou de neige directement sur les endroits du corps douloureux à des fins thérapeutiques.

Au cours de l’histoire, l’usage de la cryothérapie a été aussi différente selon les cultures. Certaines civilisations comme les romains ont commencé au fur et à mesure à avoir recours à des bains de glaces pour soulager les douleurs articulaires et musculaires. D’autres civilisations comme les scandinaves utilisaient régulièrement des bains froids naturels afin de renforcer leur système immunitaire.

Plus récemment, de nombreuses découvertes scientifiques nous ont permis de découvrir les effets de l’application de froid sur le métabolisme. Les découvertes de différents mécanismes aujourd’hui bien connu comme la vasoconstriction ou encore la libération d’hormones comme l’endorphine et le cortisol, ont mené les spécialistes de la médecine sportive à se poser la question de la place que pourrait occuper la cryothérapie dans le quotidien des sportifs. En plus de cela, de nombreuses évolutions technologiques récentes ont permis de développer les quatre principales catégories de cryothérapie utilisées à ce jour.

 

-          La Cryothérapie Corporelle Entière (CCE) 

 

-          La Cryothérapie locale ou partielle (CCP)

 

-          L’immersion en eau froide - Cold Water Immersion (CWI)

-          L’immersion contrastée – Contrast Water Therapy

 

 

Effets du froid sur le métabolisme

L’application de froid sur le métabolisme, à des conséquences physiologiques directes.

Premièrement, la diminution de la température du corps va entrainer la diminution de la conduction nerveuse. Par conséquent, on note un ralentissement des messagers de la douleur (musculaire, articulaire, et superficielle), ce qui engendre une diminution de la sensation de douleur chez les sportifs.

Le froid va aussi permettre la diminution de l’activité des cellules au sein du muscle. Cela va engendrer en chaîne une diminution des œdèmes, des inflammations et donc plus globalement des dommages musculaires. C'est pour cela qu'il est donc conseillé d'appliquer de la glace/du froid sur une entorse survenue à l'entrainement par exemple.

A l’exposition de froid, le corps va réagir avec une vasoconstriction cutanée et musculaire, mais aussi une vasodilatation centrale afin de continuer à alimenter en quantité les organes vitaux.

Domaines d’application

Nous allons ici développer les différents usages actuels les plus utilisés en cryothérapie moderne.

-          La Cryothérapie Corporelle Entière (CCE) :

 

Elle consiste à exposer l’ensemble du corps à des températures extrêmement froides (entre -110°c et -160°c). Ces températures peuvent être atteintes grâce à des cryochambres ou des cryosaunas (uniquement la tête à l’air libre. Cette technique créée un choc thermique important qui va stimuler le système nerveux centrale et favoriser la libération d’hormones comme la dopamine, le cortisol ou l’adrénaline, qui vont réguler l’inflammation. Il y a dans le même temps et avec de l’adaptation du corps au fur et à mesure, une stimulation du système parasympathique avec une diminution notable de la fréquence cardiaque (améliore la qualité du sommeil).

Des améliorations du sommeil notable apparaissent avec 2 séances par jour. Il existe différents protocoles, le plus courant est une exposition à deux températures différentes (-110 et -135 degrés) pour un temps total entre 2 et 3 minutes, de préférence en fin de journée.

Cette méthode est cependant néfaste dans une période de développement musculaire à but hypertrophique.

Avant de faire ce type de thérapie, il est nécessaire d’avoir l’accord d’un médecin.

 

-          La Cryothérapie locale ou partielle (CCP) : 

 

Cette méthode englobe toutes les expositions ponctuelles au froid : sachet de glace, gaz froid. Cela est couramment utilisé dans les entrainements et compétitions pour faire dégonfler un œdème ou soulager un athlète après un choc.

 

-          L’immersion en eau froide - Cold Water Immersion (CWI) : 

Cette technique consiste à s’immerger dans l’eau froide (entre 9 et 15 degrés) jusqu’au cou. Les durées d’expositions vont dépendre du protocole utilisé, mais il est préférable d’utiliser ce type de méthode entre 30 et 60 minutes après l’effort et pendant une durée totale de 9 à 15 min. Il a été noté de très bons effets sur les douleurs musculaires après des efforts intermittents ou d’endurance. 

L’avantage de l’immersion dans l’eau, c’est la pression hydrostatique qui s’exerce sur le corps. Cette pression va favoriser le retour veineux, le rendre plus fluide, éliminer plus facilement les déchets métaboliques et donc favoriser la récupération. Plus le corps ou les parties du corps seront profondes, plus le gradient de pression sera élevé, et plus le retour veineux sera efficace.


En ce qui concerne la récupération de la force musculaire, les résultats des études sont variés. De nombreuses études concluent que les bains froids n'aident pas à réduire la perte de force après un exercice fatiguant. Certains auteurs n'ont observé aucun effet significatif sur la restauration de la capacité de contraction volontaire des muscles du genou (Stellwood, Goodall, Peiffer). Cependant, Bailey et al. ont montré une réduction de la perte de force musculaire après une immersion dans l'eau froide (10 minutes à 10°C) pour les muscles fléchisseurs du genou, alors qu'ils n'ont observé aucune amélioration pour les muscles extenseurs du genou. D'un autre côté, Elias et al. (2012) ont constaté des effets positifs sur la puissance musculaire chez des footballeurs australiens.

 Les effets de la CWI restent assez tranchédiscutés dans la littérature scientifique. Poppendieck et al (2013) montrent grâce à une méta-analyse une amélioration des performances de 2 à 3% sur du sprint, du saut, de la force et de l'endurance grâce à la CWI. En revanche Roberts et al. (2013) montrent une diminution de la force et de la masse musculaire après de la CWI par rapport à une récupération active.

 

-          L’immersion contrastée – Contrast Water Therapy : 

L’alternance entre bains froids et bains chauds va entrainer des enchainements de vasoconstriction et vasodilatation. Cela peut s’appeler le vaso-pomping : augmentation du flux sanguin dans l’organisme. Sur le plan général, cette technique est moins efficace que la CCE et la CWI, cependant on note qu’elle reste intéressante dans les phases de développement musculaire (diminution douleurs et dommages musculaires).

Un des plus classiques est l’alternance de 1min de chaud et 1min de froid x7 avec une différence idéale de 30 degrés entre les 2 eaux (toujours terminer par le bain froid).

L'étude de Vaile et al. (2007) a examiné l'effet de l'immersion dans l'eau froide (IC) sur les performances des cyclistes. Après cinq jours d'entraînement, les chercheurs ont mesuré les performances lors de sprints et d'un contre-la-montre maximal. Les résultats ont montré que l'utilisation de l'immersion dans l'eau froide a contribué à maintenir, voire à augmenter, les performances des cyclistes vers la fin de la période d'entraînement.

Les bains alternés chauds et froids, utilisés dans des traitements similaires aux pratiques masso-kinésithérapiques, montrent des résultats variés dans les études. Pournot et al. (2011) ont observé une augmentation significative de la force musculaire après une alternance de bains chauds et froids, par rapport aux bains froids seuls, suite à un exercice intermittent. D'autre part, Glasgow et al. (2014) ont constaté que des bains de froid de 10 minutes à 6 °C étaient associés à une réduction des douleurs musculaires retardées par rapport à d'autres méthodes, alors que les autres procédés n'ont pas montré de changements significatifs.

 

Les fakes

Attention, avant d’envisager un programme de cryothérapie, il faut aussi prendre conscience de certaines idées reçues comme celles-ci :

-          Plus les températures vont être basses, plus la cryothérapie va être efficace : faux. Une exposition à des températures encore plus froides que les normes n’est pas plus efficace. Il n’a pas été prouvé qu’une corrélation existait entre une cryothérapie avec des températures plus froides et des bienfaits plus importants sur la récupération musculaire.

-          La cryothérapie ne présente aucun danger : faux. Certaines personnes atteintes de troubles de la circulation sanguine, voire de maladies cardiovasculaires, présentent des risques accrus à des expositions à des températures si froides.

 

Évolutions ?

Habits réfrigérants : à développer 

Conclusion 

Pour conclusionconclure aveccet article, voici un tableau comparatifpermettant de résumer les idées principales à retenir sur la cryothérapie :

Cold Water Immersion - CWI   La Cryothérapie Corporelle Entière - CCE L’immersion contrastée - CWT
Très efficace sur les douleurs après des exercices (intermittents ou endurance)Diminutions des symptômes de surménage fonctionnelBonne alternative en phase de développement musculaire

++ Période de compétition (douleurs, dommages musculaires, inflammation)

= sur des exercices intenses

++ Période de compétition (douleurs, performance, sommeil)

= sur des exercices modérés

Efficace sur les douleurs et dommages musculaires
Néfaste en phase de développement musculaire à but hypertrophiqueNéfaste en phase de développement musculaire à but hypertrophiqueParaît moins efficace d'un point de vue générale que la CWI et la CCE

 

 

Merci à Didier Wolfstyn, Kinésithérapeute à la FFTT, pour son aide à la construction de cet article.

Bibliographie

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Bailey DM, Erith SJ, Griffin PJ, Dowson A, Brewer DS, Gant N, Williams C. Influence of cold-water immersion on indices of muscle damage following prolonged intermittent shuttle running. J Sports Sci. 2007 Sep;25(11):1163-70. doi: 10.1080/02640410600982659. PMID: 17654228.

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