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La Charte olympique

Contexte et définition du sujet :

 Les Jeux Olympiques, spectacle multisports alternant entre jeux d’été et jeux d’hiver tous les deux ans sont peu à peu devenus la vitrine du sport au niveau mondial. Ils rassemblent les foules, provoquent des enjeux sociétaux, économiques, environnementaux tels, que le besoin d’encadrer, de codifier ces activités est devenu indispensable.

La Charte olympique est la codification des principes fondamentaux de l’Olympisme, des règles et des textes d’application adoptés par le Comité International Olympique. Elle régit l’organisation, les actions et le fonctionnement du Mouvement olympique et fixe les conditions de la célébration des Jeux Olympiques. Elle établit, entre autres, les relations entre les Fédérations Internationales et les Comités Nationaux Olympiques et le Mouvement olympique. »

Comité International Olympique, (2023)

Soit, il s’agit d’un texte segmenté en plusieurs chapitres, modifié, adapté quasiment chaque année et signé par l’ensemble des pays participants aux Jeux Olympiques.

 

Aperçu historique :

 La première charte à avoir été officiellement publié par le CIO voit le jour en 1908 sous le titre de « Annuaire du Comité International Olympique ». Dans ce texte, segmenté en petits chapitres, Ce sont principalement les cérémonies de célébrations des jeux qui sont évoquées. Ensuite, à partir de 1924, des règles concernant la représentation des pays par les athlètes voient le jour. Le texte est davantage détaillé et différents chapitres apparaissent clairement : "Charte des jeux olympiques" qui présente les principes fondamentaux. "les statuts du CIO", qui présente le but, le recrutement et l'administration du CIO. "Règlements et protocole de la célébration des olympiades modernes et des jeux olympiques quadriennaux", qui régit les différentes célébrations lors des olympiades (cérémonies d'ouverture, cérémonie de clôture). "les règles générales applicables à la célébration des jeux olympiques" qui évoque l'organisation des jeux et des épreuves sportives. Ce qui constitue déjà une belle avancée. Puis, six ans plus tard, vient s'ajouter à cela "le règlement des congrès olympiques" qui établit les modalités pour chaque congrès.

 Après cela, de nouvelles publications seront ajoutées en 1933,1938 et 1946 sans modification significative de leurs contenus si ce n'est une mise à jour des textes déjà publiés. L'année 1949 est marquée par la publication d'un texte au genre nouveau intitulé : "Le Comité International Olympique et les Jeux Olympiques". Texte qui fait état de l'ensemble des représentant du CIO et des jeux olympiques dans son histoire. En 1953, le CIO lance les premiers Jeux Olympiques Régionaux. La même année, est donc publiée une charte de seulement quatre pages et 12 points intitulée "Règles pour les Jeux Régionaux". A partir de 1955, deux versions en deux ans sont également publiées au sujet des critères d'éligibilités des villes qui candidates à la réception des Jeux Olympiques. De la même manière, la constitution type pour un comité national olympique publiée en 1968 vient s'ajouter aux nouvelles publications. Ce n'est qu'à partir de 1978 que le texte se nomme officiellement "Charte Olympique" et est publié comme tel. Au fil des années, de nombreuses publications se succèdent (quasiment tous les ans) jusqu'à celle publiée le 15 octobre 2023. Son contenu a fortement été modifier depuis sa création et comporte désormais six chapitres que sont "le Mouvement olympique", "Le Comité International Olympique (CIO)", "Les Fédérations Internationales (FI)", "Les Comités Nationaux Olympiques (CNO)", "Les Jeux Olympiques" et "Mesures et sanctions, procédures disciplinaires et règlement des différends".

 

Domaines d'application : 

 La Charte Olympique comme son nom l’indique est une charte conçut pour fixer les règles du mouvement olympique et de la célébration des Jeux Olympiques.

De ce fait, elle s’adresse aux comités nationaux et internationaux, aux fédérations internationales et aux sportifs qui veulent s’engager pour les Jeux Olympiques.

De ce fait, son utilisation n’est pas la même en fonction du public ciblé.

Tout d’abord, pour les athlètes, le texte sert de guide sur l’attitude et la posture à observer tout au long de sa carrière. Bien que cela soit de plus en plus contesté. Un exemple d’actualité réside dans l’obligation de conserver une neutralité politique alors même que certains athlètes ont récemment pris partis dans le conflit Russo-Ukrainien.

Ainsi la guerre en Ukraine a conduit le mouvement sportif international, sous l’égide du CIO, à abandonner de facto en quelques jours le principe fondamental de neutralité politique qui constituait son credo depuis des lustres. À vrai dire, cette évolution spectaculaire est à mettre au compte du réalisme autant que de la réprobation vertueuse. En effet, les grandes organisations sportives internationales sont des entités calculatrices qui définissent leur stratégie en fonction des grands courants géopolitiques, et il eut été inconcevable qu’elles ne s’alignent pas sur l’opinion publique mondiale, dès lors qu’elle est sans équivoque"

Miege Colin (2022). Olympisme et neutralité politique

Ensuite, pour le reste la charte sert de repère pour les comités nationaux et internationaux, pour les organisations et les fédérations, elle régit l'organisation des Jeux, les statuts des organisations et les modalités de célébration. 

Etat des lieux :

 A l'heure actuelle, la Charte Olympique est détaillée en six chapitres, depuis 1978. Cependant, un certain nombre de règles présentées à travers ces chapitres ne font pas l'unanimité et sont parfois même très contestées.

  • Le Mouvement olympique :

 Premier des six chapitres de la charte, et peut être le plus contesté, le mouvement olympique correspond à trois valeurs, défendues fermement par le CIO. L’excellence, le respect et l’amitié. A travers ces valeurs, le CIO prône

« la construction d’un monde meilleur et pacifique en éduquant la jeunesse par le biais d’une pratique sportive en accord avec l’Olympisme et ses valeurs. »

Charte Olympique, Chapitre 1, règle 11. 

La réalité, elle, est toute autre. Au cours de l’histoire, de nombreuses situations ont amené le CIO à s’écarter de son idéal comme dans les années 50 : 

Ainsi devenu un autre moyen de continuation de la politique, le sport commença naturellement à intéresser les gouvernants. L’idéal pacificateur des premiers Jeux disparut presque aussitôt au profit d’une narration nationaliste intégrale, fondée sur la présence de l’armée, du drapeau et de la mythologie »

Gérald ARBOIT (2009). LES JEUX OLYMPIQUES, ENJEUX DES RELATIONS INTERNATIONALES

  • Le Comité International Olympique (CIO) :

 Deuxième chapitre, l’institution CIO est fondé lors du premier Congrès olympique de Paris en 1894. C’est le chef de file du Mouvement olympique. De par son statut, ce comité a donc de nombreuses fois été sujet à contestation. Cependant, il a toujours su se relever et évoluer avec son temps. Comme en faisant des Jeux Olympiques de Paris, un tournant sur le plan écologique et environnemental.

  • Les Fédérations Internationales (FI) :

  Ce troisième chapitre régit les droits et devoirs des Fédérations Internationales, des organisations non gouvernementales. Elles sont chargées d’administrer un ou plusieurs sports sur le plan mondial. Leurs décisions entraînent donc des répercussions directes sur la vie des sportifs. Par exemple, sur recommandation des FI, le CIO a pris la décision, le 12 octobre dernier, de suspendre le Comité National Olympique Russe. A la suite d’une violation de la charte olympique en marge de la guerre entre l’Ukraine et la Russie.

  • Les Comités Nationaux Olympiques (CNO) :

 Le quatrième chapitre de la Charte Olympique donne les règles des Comités Nationaux Olympiques, ces organisations au nombre de 206, et sous la tutelle du CIO, ont pour mission de développer, promouvoir et protéger le Mouvement olympique dans leurs pays respectifs. Selon les Comités, cela se passe plus ou moins bien, en fonction du contexte politique, financier du pays et aussi de la culture.

  • Les Jeux Olympiques :

  Ce cinquième chapitre, qui concerne les Jeux Olympiques, évoque la célébration, l’organisation et l’administration des Jeux Olympiques, fer de lance du CIO. Ce chapitre sert de véritable guide pour les villes dont la candidature à l’accueil des JO à été retenu. Au cours de l’histoire, les règles concernant l’organisation des JO se sont montrées de plus en plus nombreuses et très strictes. Avec un cahier des charges qui s’alourdie année après année, on a pu remarquer un certain nombre de ville se retirer de leur candidature pour les Jeux.

  • Mesures et sanctions, procédures disciplinaires et règlement des différends :

  Le sixième et dernier chapitre de la Charte Olympique ne contient que trois règles, cependant, elles sont primordiales puisqu’elles permettent de prévenir les mesures et sanctions encourues par tous les acteurs des Jeux, en cas de violation de la Charte Olympique. Notamment en matière de dopage, après avoir constaté, à juste titre, de trop nombreux cas de dopage, le CIO s’est adapté en précisant dans ces règles, que le dopage constitue une violation de l’éthique du sportif et donc doit être sanctionné.

 

 Sources et Références :

Arboit, G. (2009). LES JEUX OLYMPIQUES, ENJEUX DES RELATIONS INTERNATIONALES.

Bourbillères, H. et Koebel, M. (2020). Les processus de contestation dans le cadre des candidatures des villes européennes aux Jeux olympiques et paralympiques 2024. Movement & Sport Sciences, 107(1), 17‑29. https://doi.org/10.1051/sm/2019032

Committee, I. O. (2023). Charte olympique: état en vigueur au 15 octobre 2023 / Comité International Olympique. Comité International Olympique. https://library.olympics.com/Default/doc/SYRACUSE/3154789/charte-olympique-etat-en-vigueur-au-15-octobre-2023-comite-international-olympique

Miege Colin. (2022) Olympisme et neutralité politique. Sport et citoyenneté. https://www.sportetcitoyennete.com/articles/olympisme-et-neutralite-politique