« Je ne vous laisserai pas tomber » : pourquoi 20 % des joueurs de la Super League masculine et féminine n'ont pas signalé des commotions cérébrales suspectées
Publié dans Journal of Science and Medicine in Sport en décembre 2023 (anglais)
Objectifs : Quantifier et identifier les facteurs associés à la sous-déclaration des commotions cérébrales chez les joueurs de la Super League de rugby.
Méthodes : Enquête transversale. Au cours de la pré-saison de la saison 2022, 422 joueurs de la Super League masculine et féminine ont répondu à une enquête en ligne quantifiant les données démographiques des joueurs, leur historique de jeu au rugby, leurs antécédents de commotion cérébrale, la prévalence et les raisons de la sous-déclaration des commotions cérébrales, les connaissances sur les commotions cérébrales et les implications et perceptions à long terme des commotions cérébrales.
Résultats : Dans l’ensemble, 20 % des répondants ont déclaré ne pas avoir signalé de symptômes liés aux commotions cérébrales au personnel médical au cours des saisons 2020 et 2021. Les deux raisons les plus courantes de sous-déclaration des commotions cérébrales étaient « ne voulait pas être exclu d'un match » (35 %) et « ne voulait pas décevoir l'équipe » (24 %). 65 % des joueurs ont déclaré avoir un niveau de connaissances approprié sur les commotions cérébrales et leurs implications potentielles à long terme au début de leur carrière de rugby senior, contre 89 % aujourd'hui. En ce qui concerne la connaissance des commotions cérébrales, les symptômes ont été correctement identifiés dans 74 % des cas. 57 % des joueurs interrogés étaient préoccupés par les implications potentielles à long terme d'une commotion cérébrale, et 11 % des joueurs encourageraient les enfants de leurs proches ou de ceux des membres de leur famille à ne pas jouer au rugby.
Conclusions : La proportion de joueurs de Super League qui n’ont pas signalé de symptômes de commotion cérébrale était similaire à celle des joueurs de la ligue de rugby en Australie. Les principales raisons pour lesquelles on ne signale pas une commotion cérébrale semblent être dues à la perception de ce qui est bénéfique pour l'équipe, ce qui suggère que la performance et le personnel médical devraient collectivement encourager les joueurs à signaler une commotion cérébrale. L'attitude d'un joueur à l'égard d'une commotion cérébrale est potentiellement un facteur de risque individuel modifiable et doit être prise en compte dans la gestion des commotions cérébrales des joueurs.
Source : Daniel Tadmor, Kevin Till, Gemma Phillips, James Brown, Laura Fairbank, Sharief Hendricks, Rich D. Johnston, Thomas Longworth, Keith Stokes, Ben Jones, I won't let you down; why 20% of Men's and Women's Super League players underreported suspected concussions, Journal of Science and Medicine in Sport, Volume 26, Issue 12, 2023, Pages 688-693, ISSN 1440-2440, https://doi.org/10.1016/j.jsams.2023.09.015.